Archives pour la catégorie Musiciens

10 Artistes à ne pas rater au Visa For Music 2016

Visa For Music, le 1er salon des musiques d’Afrique et du Moyen-Orient, revient pour sa troisième édition avec une programmation de Showcases riche et variée et il n’en a pas l’étrenne ! Des concerts qui sont l’occasion pour voir ses artistes préférés se produire en Live et aussi faire de jolies découvertes musicales.

VinyleMAG, comme lors de chaque édition, vous fait sa liste de prédilections.
Bien que le choix s’avère difficile avec la participation de plus de 50 groupes -soigneusement choisis par les organisateurs selon un processus bien étudié- voici notre (LA) sélection incontournable : 

1 – Jadal : Mercredi à 22H30 au Théâtre Mohammed V

Un des groupes les plus attendus de cette édition, surtout après leur passage mémorable au Boulevard de 2015. Jadal est désormais une référence régionale de la Pop-Rock.
Pour découvrir leur dernier album et savourer leur meilleurs tubes, rendez-vous mercredi 16 Novembre !

2 – Labess : Samedi à minuit au Théâtre Mohammed V

Avec sa voix grave, ses poésies percutantes, le mariage réussi de la Rumba et Chaâbi algérien, le groupe de Nedjim Bouizzoul est un des plus connus de la scène contemporaine maghrébine. Une discographie qui vaut le détour et surtout un concert à ne pas rater !

3 – Betweenatna : Jeudi 23h30 à la salle La Renaissance :

Vous n’allez quand même pas rater le passage du meilleur groupe au monde à Rabat ! Une ambiance folle, du Punk sur un fond décalé. « l7ay7a ghatnoud »

4 – The Dizzy Brains : Vendredi 23h30 à la salle La Renaissance :

Un groupe Punk malgache qui crie leur rage à la Iggy Pop et qui visiteront le Maroc pour la première fois, ceci ne suscite-t-il pas votre curiosité ? Cette vidéo vous donnera envie d’acheter votre ticket de concert, alors!

5 – 47SOUL : Jeudi à 22h00 au théâtre Mohammed V

Le collectif palestien a inventé ce qu’on peut appeler la Debka électronique avec un son solide très kitsch. Ils vous feront danser.
Un groupe à découvrir !

6 -Othman El Kheloufi : Jeudi à 17h30 à La salle La Renaissance.

Amateurs de Jazz et de musique marocaines, le concert de l’excellent saxophoniste Othman El Kheloufi est à ne pas rater sous aucun prétexte ! Du Jazz Beldi qui mérite d’être plus connu sur la scène musicale locale.

7 – Nabalüm : Samedi à 20h30 à la salle La Renaissance.

Avec une voix envoûtante et sa soul africaine chaleureuse, Nabalüm vous invite à un voyage au coeur de l’Afrique. Elle est connue aussi par sa présence scénique imposante. Tous les ingrédients seront alors présents pour un concert mémorable.

8 – Temenik Electric : Vendredi à 23 h au théâtre Mohammed V

Du Rock avec ses riffs puissants et du Rai avec ses sonorités maghrébines, le style de Temenik Electric rappelle un peu celui de Rachid Taha mais avec une touche spéciale, plus moderne et électrique.

9 – Bongeziwe Mabandla : Vendredi 18 au café La Renaissance

Bongeziwe est un chateur sud-africain avec une voix au timbre particulier, un folk africain frais, une soul africaine sublime et surtout des chansons touchant de près les peuples africains, de Tanger à Cape Town.

10 –  Doueh Cheveu : vendredi 22h30 à la salle La Renaissance.

Ce virtuose de la guitare originaire du sud du Maroc vous enchantera avec un son atypique, une maîtrise unique. En l’absence d’un live sur youtube, venez le vivre vous même !

Les chroniques du weekend : Aventures Ramadanesques

Bonjour, bonsoir. C’est Ramadan ! Pour certains, ce mois est synonyme de spiritualité, de jeun, non seulement du corps, mais aussi de l’esprit. Pour moi, il est synonyme de gâteaux, quiches et autres mets plus caloriques les uns que les autres. Vous l’avez compris, Ramadan pour moi est égal à NOURRITURE, mon premier et dernier amour.

Mood de la semaine : Je MEURS de faim. Et puis, après le coucher du soleil, je souffre d’indigestion et autres maux qui touchent une personne qui mange trop rapidement. Je n’y peux rien, à l’heure du Ftour, mon cerveau fait un stand down et donne tout le pouvoir à mon estomac, qui, bien sûr, ne connait pas le mot « modération ». Enfin, je ne pense pas que mon cerveau connait ce mot non plus. Donc, je ne peux pas vraiment blâmer mes entrailles. « Entrailles », je n’ai pas utilisé ce mot depuis une éternité. On dirait que mon manque de caféine déclenche en moi l’utilisation de mots « inhabituels ».

Chanson de la semaine : Paolo Nutini – Jenny don’t be hasty. Le rythme de la chanson et la voix de Nutini offriraient un orgasme auditif à un sourd. Oui oui, je n’exagère pas, Paolo Nutini is THAT good, comme on le dirait en anglais. Il faut dire aussi que le fait que la chanson fût écrite par Paolo pour sa petite copine qui était plus vieille que lui y ajoute une pincée de piquant. Les couguars sont en vogue ces derniers jours, et je ne parle pas d’animaux, si vous voyez ce que je veux dire.

Maintenant, passons au sujet de ma chronique : Mes aventures ramadanesques. Entre bons petits plats mijotés par mes soins (oui, j’aime cuisiner, ce que je déteste, c’est faire le ménage après quand la cuisine ressemble à un champ de bataille), nouvelles séries à regarder, articles à rédiger, travail ET nouveaux poèmes à écrire (je prends ce petit moment pour me faire un peu de promotion : Oyez oyez, j’écris de la poésie que je publie sur mon blog, Houda’s Crib, check it out !)… merde, cette phrase est beaucoup trop longue. Bref, entre TOUT ça, on peut dire que je n’ai pas une seule minute à épargner.

Mais, j’ai tout de même pris le temps de vous concocter une playlist de mon choix, avec, au programme, du Souad Massi, du Oûd (bel instrument, n’est ce pas ?), du Yazan Haifawi, du Fairouz etc… Que des chansons arabes, mais pas n’importe lesquelles. Des chansons dont les paroles poétiques et les rythmes incandescents charmeraient les plus exigeantes des oreilles, et comme nous le savons tous, les lecteurs de Vinylemag sont plus qu’exigeants quand il s’agit de musique (un peu de passage de pommade ne fait de mal à personne).

Voilà donc, j’espère que vous apprécierez la playlist et que vous n’en avez pas ras les boules de mon humour (qui, probablement, ne fait rire que moi). ENJOY !

10 groupes qu’on aimerait voir se reformer pour un concert

2016 ne serait pas une année normale pour les amateurs du Rock avec le retour de la formation légendaire des Guns’N’Roses sur scène. Une nouvelle qui fait rêver chaque fan, et qui nous fait penser aux éventuelles réformations que nous aimerions tant voir, surtout avec des groupes dont les membres sont d’un âge considérable et avec la récente série de décès des légendes de la musique.

Dans cet article, je présenterai une liste -subjective- des groupes que j’aimerai voir se réunir de nouveau et assister à un de leurs concerts, car des légendes comme celles-ci méritent d’être vues ensemble sur scène au moins une fois dans la vie.

The Raconteurs

En pensant à Jack White, on fait souvent référence à The White Stripes, mais j’aimerai plus qu’il reprenne la route des tournées avec The Raconteurs, ce Super groupe qui a produit 2 des meilleurs albums de Rock de la dernière décennie, où Jack White est bien accompagné par des artistes de qualité.
Un Brendan Benson phénoménal mais très sous apprécié, comme le groupe d’ailleurs. Ils doivent se reformer pour qu’on apprécie ce genre de Live électrique !

Rage Against the Machine

Un phénomène musical des années 90 qui a fait son retour en 2007 mais qui s’est mis en arrêt depuis 2009 sans donner aucune raison, avec quelques rumeurs de retour en studio et de tournées. On aimerait bien les revoir encore pour leur révolte, leur énergie intarissable et leur engagement politique inexistant chez les artistes de cette époque.

R.EM.

Tout simplement car je veux voir un de mes groupes préférés sur scène, et savourer Losing my Religion et tant d’autres merveilles en Live, car rien ne dépasse la magie d’une chanson en Live d’un groupe qui maîtrise l’art du Show.

The Police

La voix et les lignes de basse de Sting ne sont brillantes qu’avec l’accompagnement fastueux de la guitare d’Andy Summers et Stewart Copeland à la batterie. Ne voudriez-vous pas assister à un concert de ce calibre ?

Oasis

Difficile de bosser avec ton frère surtout lorsque vous avez tous les deux un sale caractère, mais j’aimerai tant assister à un concert de la formation initiale de Oasis, pour leurs prestations Live et leur attitude Rock’n’Roll qui manque cruellement aux jeunes groupes. Pour revoir leurs disputes et improvisations, il faudrait une grande somme d’argent selon Noel, ce qui n’est pas impossible surtout avec l’arrêt des Beady Eye, le groupe de Liam post-Oasis.

Genesis

Un monument du Rock Progressif au début des années 70, avant de virer vers le Pop Rock et rencontrer un immense succès commercial. J’aimerai revoir la formation initiale avec Peter Gabriel, Phil Collins, Steve Hackett, Tony Banks et Mike Rutheford  pour nous produire un album  comparable à ce chef d’oeuvre de Selling England by The Pound.


Dire Straits

Après la séparation du groupe en 1993, Mark Knopfler a préféré les petits  concerts intimistes au grandes salles, mais si jamais le groupe qui a ébloui des générations se réforme, les stades du monde seront ravis d’accueillir des centaines de milliers de fans.

The Smiths

En 5 ans seulement, The Smiths a marqué à jamais la scène musicale mondiale, celle de la Grande Bretagne en particulier. Le groupe qui a influencé toute une génération d’artistes des années 90  et qui sera euphorique de retrouver Morrissey et Johnny Marr sur scène.

Led Zeppelin

Durant sa dernière visite au Maroc, Robert Plant ne voulait plus entendre parler de Led Zeppelin, mais les fans du monde entier rêvassent de le retrouver avec Jimmy Page, John Paul Jones et Jason Bonham pour remplacer son défunt père, comme c’était le cas en 2007. Mais on attend toujours.

Pink Floyd

Imagine, tu te réveilles un matin et on t’annonce que Roger Waters, David Gilmour et Nick Mason décide enfin de se réunir et de nous produire une ultime tournée. Difficile à croire, mais l’espoir fait vivre, et ces réformations nous font rêver.

Sister Rosetta Tharpe, la femme qui inventa le Rock’n’Roll

Bien avant Elvis Presley, Chuck Berry, Little Richard et d’autres figurent pionnières du Rock’n’Roll, une femme d’église posait les bases de ce genre musical qui a marqué la deuxième moitié du XXème siècle. Une virtuose de la guitare, une révolutionnaire d’esprit, et une légende de la musique cruellement oubliée après sa mort, en 1973.

Née en 1915 au bord du Mississipi à Cotton Plant, elle a grandi dans une famille qui respirait la musique, elle a hérité le talent du chant de son père. De sa mère, Rosetta s’est imprégnée non seulement du don pour la guitare -sa mère était membre d’une église évangéliste et jouait souvent à la mandoline pour inciter les gens à venir en église- mais aussi de sa forte personnalité et son charisme avec qui elle immigre à Chicago  à l’âge de 6 ans, où elle découvre le Blues et le Jazz en plus du Gospel.

Dès ce très jeune âge, Rosetta a commencé à impressionner par sa dextérité en guitare et piano, mais aussi par son penchant pour le spectacle sur scène qui dépassait les standards de l’époque. Avec sa mère, elle sillonera les églises Américaines et deviendra progressivement une figure du Gospel.

A l’âge de 23 ans, Sister Rosetta quitte l’église et voyage à New York où elle introduit la musique Gospel au clubs new-yorkais. Au fil des années, elle devint une figure incontestable de la musique afro-américaine dans une Amérique fortement ségrégationniste. Elle jouait souvent devant un public blanc constitué principalement d’hommes. Elle reçoit aussi les critiques de l’Eglise choquée par le nouveau tournant dans sa vie de star, mais Sister Rosetta Tharpe était une rebelle, une anti-conformiste, iconoclaste avant l’heure, et faisait ce qu’elle voulait tout simplement, chanter pour Dieu et savourer les joies de la vie dans les clubs.

Elle deviendra la figure incontournable du Gospel aux Etats-Unis, et s’imposera comme une star de la radio et de la télévision à partir des années 40.
Par son énergie intarissable et son sens du spectacle, Sister Rosetta est devenue l’idole d’une Amérique qui se métamorphose, et a ouvert le sentier du succès à des dizaines d’artistes américains noirs qui souffraient de racisme primaire par les maisons de disques.
Durant ses tournées, elle animait des concerts dans des églises comme dans des clubs. Elle réussissait à allier le séculaire au spirituel et à unir un peuple séparé.
Ses disques ont parcouru le monde avec les soldats américains qui participaient à la 2ème guerre mondiale. Elle était tellement idolâtrée que son mariage a été organisé dans un stade et a assemblé plus de 25 milles personnes qui ont payé leurs tickets.

Cette précédente vidéo résume à elle seule le génie et l’esprit avant-gardiste de celle qui a posé les premières pierres d’un édifice musical intemporel. Son talent à la guitare dépassait les normes, ses solos révolutionnaires lançaient les prémices du Rock’n’Roll de Chuck Berry et nous font penser même aux chevauchés guitaristiques d’Angus Young. Le vrai maître de la Gibson SG n’est ni Chuck Berry ni Angus, ni Tomi Iommi, ni même Eric Clapton, il est une femme ! Héroïque, qui s’appelle Rosetta et qui marquera la musique à jamais avec sa personnalité, son esprit visionnaire et son jeu de guitare rapide et aggressif des années avant le Hard Rock.

Elle propagera la musique américaine outre-atlantique durant les années 60, et fera connaître son jeu excentrique à des guitaristes de légende. Mais ses moments de gloire toucheront à leur fin dès 1970, après des complications au niveau de la santé qui la pousseront à tirer un trait sur sa carrière, et qui seront la cause de sa mort 3 ans après. Une mort qui laissera la musique américaine noire orpheline de celle qui a poussé les standards très hauts, qui a refusé à se contenter des limites, et qui s’est imposée non seulement comme une artiste de légende, mais une héroine, un exemple du courage, de l’ambition et de l’esprit rebelle.

Sister Rosetta était cette femme qui a réunit le séculaire et le spirituel, celle qui a brandit le slogan de la liberté dans un pays raciste et misogyne. Une femme qui parlait de sa bisexualité ouvertement durant les années 50, une artiste qui tournait seule les états de l’Amérique au côté d’hommes pour donner la joie à des millions de fans, une rebelle qui voulait  vivre sa vie à sa propre manière, une étoile née aux champs de coton de l’Arkansas pour se placer au sommet du Panthéon de la musique.

Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #2

Peter Buck, guitariste du groupe, avait affirmé qu’il y avait un avant et après Losing My Religion dans l’histoire du groupe. Sur cet article, vous allez découvrir la suite du périple de ce monument de Rock Alternatif.

Le groupe a préféré enregistrer un album que de faire une tournée promotionnelle à Out of Time, est le résultat était le disque qui fera de R.E.M. un monument de la musique. Automatic for the people est un bijou irrésistible qui vous plongera dans une mélancolie jouissif qui s’introduit dès l’intro de guitare en Ré mineur de Drive, avec ce changement impressionnant de rythme avec l’introduction de la guitare électrique et de l’orchestre au milieu de la chanson, la douce ballade country Try not to breath, une petite pause rythmée The Sidewinder Sleeps Tonitela sombre mais magnifique Everybody Hurts, le lugubre Star Me kitten, Man in The Moon avec ses paroles satiriques, et ces 2 ballades magiques qui clôturent en beauté ce disque composé par tous les membres  du groupe, qui a connu la participation de John Paul Jones et qui a été acclamé par le public mais aussi par les artistes de renoms à ne citer que Bono ou Kurt Cobain qui est tombé sous le charme du son acoustique de l’album qui serait malheureusement le dernier disque qu’il a écouté avant de mettre fin à sa vie. 

Et puisque jamais deux sans trois, le succès planétaire de R.E.M. continue mais cette fois avec un album plus vif et rauque. Monster est l’Album Rock du groupe avec la guitare saturée de Peter Buck et la batterie dynamique de Bill Berry, mais sans s’éloigner de la force mélodique qui a marqué les albums précédents du groupe. Dès les premières secondes de What’s the Frequency, Kenneth? on aperçoit la différence palbable du disque avec son prédécesseur, suivi par Crush with the eyliner, un morceau attrayant où le groupe c’est amusé à ajouter l’effet Reverber même à la voix de Stipe, le funky King of the Comedy. Vous pouvez aussi savourer l’entraînant Bang and Blame et le formidable hommage à Kurt Cobain Let me in. Monster pourrait être considéré comme un album de retour au racines garage Rock du groupe tout en se s’aventurant vers le futur.

Cette aventure continuera avec leur 10ème album qui sortira en 1996. New adventures in Hi-Fi est un album versatile synthétisant le travail du groupe durant les 3 albums précédents, s’imprégnant de la douceur de Out of Time, la sensibilité d’Automatic for the people et le son Rock de Monster. Un album enregistré  durant la tournée s’inspirant de la méthode de Radiohead d’enregistrement de The Bends, ce qui donne un aspect de Live Album, avec toutes les imperfections et le charme qui en résulte. L’album a vu la participation de Patti Smith qui a chanté le refrain sur E-Bow the letter, premier single de l’album, l’harmonie entre les voix de Stipe et Smith est tout simplement hallucinante. L’album contient aussi quelques bijoux, à ne citer que la trippante New Test Leper, l’énergétique So Fast, so Numb et la sublime Electrolite qui clore l’album d’une façon magistrale.

En octobre 97, le quatuor devint un trio après que Bill Berry quitte à l’amiable le groupe. Les membres restant ont choisi de continuer le chemin tout en s’ouvrant aux sons électroniques sur l’album Up, une décision mal appréciée par les fans de longues dates, et qui pourrait être comparable à la réaction des Fans de Metallica après la sortie de Load. Mais l’album ne marque pas quand même un changement drastique, puisque en plus de l’incorporation d’effets électroniques et l’utilisation de la boîte rythmes, le groupe continua à sortir des chansons énergétiques attrayants et des ballades affectueuses à l’image de Daysleeper ou At My most Beautiful qui constitueront par la suite des moments phares des concerts du groupe. Up est un album de rêverie doux qui nous porte avec les paroles poétiques de Stipe vers un 21ème siècle mystérieux mais prometteur, comme l’aurait chanter sur Walk Unfraid.

3 ans après la sortie de Up, R.E.M. fait son grand retour aux racines avec Reveal, un album qui a reçu plusieurs critiques négatives, sauf qu’il est du genre qui se bonifie avec le temps et les écoutes. Après quelques années Reveal est devenu un album très appréciable pour les fans, sauf que quelques chansons manquaient énormément d’inspiration. Cet album aurait pu être un parfait EP si le groupe avait décidé d’inclure que l’immersif I’ve been High, All the way To Reno le sublime hymne de l’espoir,  qui serait la chanson préférée du groupe de Peter Buck, la formidable She just wants to be,ma chanson préféré de l’album surtout dans sa version live; Disappear où Michael Stipe cite Agadir et Taroudant, 2 villes qu’il affectionne et qu’il a déjà visité. L’EP pouvait être clôturé par Imitation of Life, formidable chanson qui nous rappelle le début du succès commercial du groupe.

Le groupe désormais trio poursuit sa croisière avec Around The Sun, un album qui se voulait plus imposant que son prédécesseur, sauf qu’il serait probablement l’album de trop de toute la discographie de R.E.M.. Certes il contient de jolies chansons une poésie imparable sur quelques chansons, un engagement politique assez présent puisque l’album est sorti durant la compagne présidentielle américain, où le groupe soutenait publiquement John Kerry contre G.W.Bush; Mais Around The Sun manquait d’intimité et d’engagement musical du groupe par rapport aux autres albums. Si le morceau introducteur Leaving New York est une belle ballade mélancolique comme REM sait produire parfaitement, la suite de l’album est une succession de morceaux dépressives amers, ou de chansons expérimentales incompréhensibles comme la collaboration avec le rappeur Q-Tip sur The Outsiders -qui est pourtant une des meilleurs chansons de l’album-. Un disque flou à l’image de la pochette qui n’a pas découragé les membres du groupe à retenter leur chance pour reprendre leur place au sommet du Rock Alternatif.

Un pari largement gagné avec la sortie d’Accelerate en 2008, un album agressif qui marque un retour au son Rock, une sorte de Monster du 21ème siècle. Un album au tempo rapide comme si Buck, Mills et Stipe criaient qu’ils ne vielleront jamais et que R.E.M. a toujours la force et l’inspiration de nous proposer le meilleur du Rock alternatif, une envie discernée dès « Living Well is the best revenge« , un morceau supersonique et mélodique avec la symbiose magnifique entre la guitare saturée de Buck des grands jours, le son moelleux du clavier de Mills et la voix pénétrante de Stipe. Man-sized Wreath qui s’enchaîne avec  la même allure, s’en suit l’excellent Supernaturel Superserious, premier single de l’album et qui marque l’incroyable retour du groupe au devant de la scène musicale, avec Hollow Man avec son refrain tonique. L’album est orné par quelques titres plus calmes, des ballades country comme Houston et Until the day is done au milieu de morceaux onduleux limite Punk. Une ambiance effervescente qui rend Accelerate un disque de renouveau, où les membres du groupe scandent  » We still can Rock! » à la plus grande joie de leurs fans.

En 43 minutes, R.E.M. chantait son testament aux millions de fans à travers le globe, avec un album aux sonorités résonnantes, une verve intarissable, une production qui ne laisse aucune tâche et un choix de chansons minutieux sans aucun superflux. Collapse into now résume l’éclectisme de la musique de R.EM., entre le Rock solide de All The Best ou Mine Smells Like Honey, la pop esthétique d’Uberlin, les paroles poétiques, et un folk Rock parfait à l’image de Oh my Heart, sublime ballade mariant douceur de la mandoline et son promenant de l’accordéon avec une harmonie élégante en refrain entre les voix de Stipe, et la voix sous estimée de Mike Mills, avec la participation d’Eddie Vedder et de Patti Smith. Le quinzième album du groupe où les membres du groupe apparaissent pour la première fois sur la couverture est un cadeau aux fans, un disque abouti qui termine en beauté une carrière fructueuse et impressionnante de plus de 30 ans, et qui montre que les 3 membres restants n’ont jamais perdu la passion de produire de la bonne musique, et aussi un message subliminal de vivre le présent et ne pas se soucier de futur, un futur qui serait sans R.E.M.

En 32 ans de carrière, R.E.M. a connu la difficulté des débuts, les tournées dans les petits clubs d’Amérique, le succès mondial fracassant, la rupture, la déception et surtout la joie de se produire devant un public enthousiaste et fidèle, car même devant des milliers de  personnes, les concerts du groupe étaient intimistes où les membres partageaient leur passion et sentiments avec le public et produisaient la plupart du temps des prestations meilleures que les versions des albums. R.E.M. avec toute la diversité de sa musique garde une marque reconnaissable sur tous les albums, le groupe  qui mérite son inhumation au Panthéon du Rock a expérimenté le son pop, le Folk, country, la musique électronique, et a même effleuré le Punk tout en les incorporant dans une mélodie propre au groupe minimaliste et attrayante. Le groupe qui a atteint le summum du succès commercial n’a jamais renié ces principes, et est resté fidèle à son esprit primaire valorisant l’art et la liberté d’expression à l’argent, ils ont insisté sur la propriété complète de leur oeuvre au moment de la signature du contrat avec Warner Bros, ils ont toujours produit ce qu’ils voulaient sans se soucier des tendances et des pressions des maisons de disque, au point de refuser une tournée de promotions de ces deux plus grands succès commerciaux Out of Time et Automatic for the People. R.E.M. est un symbole de « l’intégrité intellectuelle » rarissime d’un groupe qui n’a pas peur de prendre des positions et qui les assume, tout en produisant une musique séduisante, raffinée et intelligente qui fait danser le corps, chavirer le coeur et interpeller le cerveau.

Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #1

Après 3 ans d’hésitation et suite à l’insistance de ma très chère amie Zineb – à qui je dédie cet article – j’ai enfin décidé d’exprimer mon idylle pour un monument du Rock alternatif, et de vous faire découvrir de ma propre façon R.E.M. comme c’était le cas avec plusieurs de mes amis qui étaient initiés à la poésie de Stipe et à la musique énigmatique mais mélodieuse du groupe.

Le 21 septembre 2011, le groupe annonce sur son site son arrêt d’activité, alors qu’il venait tout juste de sortir son quinzième album studio, que les critiques analysaient l’album, que les fans s’appatientaient de revoir les membres du groupe sur scène, et alors que je rêvais d’assister à un de leurs concerts après avoir écouter toutes leurs discographies. Difficile de digérer une telle nouvelle, mais après réflexion, le texte de l’annonce était l’ultime expression d’un amour mutuel qui relie le groupe à sa base fidèle de fans, une éloquence de respect envers ses principes et son oeuvre de 31 ans. Car R.E.M. n’est pas seulement un producteur de chansons, mais un véhiculateur d’idées et de principes, un groupe qui se respecte et qui chante pour partager sa passion. Une séparation à l’amiable, sans tracas, sans tragédie, et qui laisse tout le monde triste mais tranquille.

31 ans auparavant, 4 jeunes musiciens originaires d’Athènes, Atlanta, vivaient leur petit rêve, circuler en van et chanter devant un public de plus en plus nombreux. Un groupe d’Indie avec un éthique Punk, qui voulait prouver son talent à chaque personne présente. Un esprit qui va rapidement donner ces fruits à la sortie du premier Single « Radio Free Europe » qui reçoit l’éloge du New York Times, et qui sera l’ouverture d’une carrière qui commencera officiellement avec la sortie  de leur premier album Murmur,un album mystique et attrayant à la fois. Les mélodies simplistes de Peter Buck marient à merveille le chant marmonnant et pénétrant  de Stipe, avec la présence du rythmique de Bill Berry, de la basse persistante de Mills et surtout son harmonie magique en voix avec Stipe qui n’est pas très mise en évidence mais qui constitue une des marques du groupe sur tous ces prochains albums. Tous ces ingrédients ont fait de Murmur un vrai succès critique au point de dépasser Thriller et War au classement des meilleurs albums de The Rolling Stones Magazine. La basse consistante sur Radio Free Europe, le chant mystique sur Pilgrimage, la musique simple et juste de Laughin, la mélodie de Talking about the passion, la tonalité mineur de Perfect Circle, et le refrain dansant de Sitting Still, sont tous de marques qui vous initieront à l’amour de REM.

Un an seulement après, le groupe sort Reckoning, un album chaleureux qui marque une intimité spéciale entre la variété impressionnante des sentiments et humeurs véhiculés sur les 10 chansons le composants. Un album plus raffiné côté production, mais qui ne fait pas perdre la magie de la simplicité mélodique du groupe, du mystérieux chant de Stipe, et la beauté intrigante des paroles qui touchent aussi bien le coeur que le cerveau. Reckoning est un des albums les plus chéris par les fans puristes du groupe, en écoutant « Don’t go back to Rockville » vous allez comprendre cet aspect intimiste du disque, comme si R.E.M. s’invite à tes oreilles pour te faire un concert pour toi seul.

Le folie créatrice de R.E.M. n’a pas ternie après la sortie de ces deux joyaux, elle a produit ensuite, un album qui marque un léger changement, des arpèges acoustiques et accords mineurs simples à une utilisation plus marquantes de l’orchestre, les paroles sont moins énigmatiques mais le chant l’est toujours. Fables of The Reconstruction est un album langoureux, mélancolique très affecté par l’humeur morose des sessions d’enregistrement à Londres, ou les membres du groupe se sentait dépaysés de leur Sud américain. Des suggestions des chansons ? Ecoutez tout l’album mais si vous avez à choisir 3 chansons, ça serai Maps and Legends, le merveilleux Driver 8 et Can’t Get There from Here pour sa ligne de basse.

S’en suit Lifes Rich Pageant, que je recommande vivement à toute personne voulant découvrir la musique du groupe aux années 80. Un chef d’oeuvre qui réunit parfaitement la rage du Rock, l’ambiance dansante de la Pop, chaleureuse du Folk et surtout des paroles engagées qui feront de quelques chansons de l’album des hymnes d’écologisme, notamment « Fall on me » qui peut être considérée comme une des meilleures chansons du groupe avec le tandem magique des voix de Stipe et Mills en refrain, et  la musique élégante. Sans oublier l’énergétique Begin to Begin, Cuyahoga et The Flowers of Guatemala, et surtout cette perle folk de Swan Swan H.

Après le succès commercial et critique du précédent album, R.E.M. sort Document, un disque très Rock avec la présence imposante de la guitare électrique de Buck, avec des riffs plus lourds, et l’énergétique jeu de Bill Berry à la batterie, s’ajoute à ça des paroles à fortes connotations politiques s’indignant de la politique néo-impérialiste de Reagen. The one i Love marque le premier vrai succès commercial du groupe en se plaçant au Top 10 des Singles, mais l’album contient bien plus de belles chansons, comme Finest WorksongWelcome to the Occupation, ou It’s the End of the World as We Know It (And I Feel Fine) qui est indéniablement un des classiques du groupe.

Après le succès de Document, le groupe signe avec Warner Bros pour mieux s’exporter en Europe mais en ne cédant pas à la cupidité, puisque le contrat était très avantageux au groupe qui reste entièrement détenteur de ces chansons. Avec les chansons Pop/Rock dansant et joyeux de Pop Song89 et Get Up, le Rock d’Orange Crush, les racines Folk sur You Are the Everything, The Wrong Child et Hairshirt qui marque le début d’utilisation de la mandoline qui sera un instrument de marque sur les prochains albums, et la présence de titres à fort engagement politique comme Stand et World Leader Pretend qui montre que le groupe reste libre dans ces pensées et a tout le courage d’exprimer ces idées politiques au monde entier. Green était un nouveau départ de R.E.M. vers de nouveaux horizons mais sans perdre l’essence, un esprit Punk exprimé en mélodies Pop/Rock mariés au Folk sudiste.

R.E.M. a attendu 3 ans pour émerger d’une façon explosive sur la scène Pop mondiale et devenir un groupe international avec la sortie de Out of time, un album intemporel qui combine la pureté de l’esprit du groupe à l’ouverture vers l’autre. Du début Funk de Radio Song, à l’énormissime Losing my Religion qui est ma chanson préférée de tout les temps avec son intro de mandoline, ces mélodies simples et efficaces et le message d’amour subliminal qui ajoute du charme à ce chef d’oeuvre. L’album contient d’autres morceaux qui valent le détour, que ça soit le joyeux Shiny Happy People, la balade Folk sublime Half A world Away, Texarkana avec la basse qui charme et le Mike Mills qui nous montre qu’il peut vraiment chanter une chanson à lui seul, et enfin cette balade mélancolique et poétique de Country Feedback, chanson préférée de Michael Stipe.

Retrouvez la suite de l’article le jeudi 

Mais pour le moment, savourez une playlist de quelques morceaux soigneusement sélectionnés des 7 premiers albums du groupe.