Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #2

Peter Buck, guitariste du groupe, avait affirmé qu’il y avait un avant et après Losing My Religion dans l’histoire du groupe. Sur cet article, vous allez découvrir la suite du périple de ce monument de Rock Alternatif.

Le groupe a préféré enregistrer un album que de faire une tournée promotionnelle à Out of Time, est le résultat était le disque qui fera de R.E.M. un monument de la musique. Automatic for the people est un bijou irrésistible qui vous plongera dans une mélancolie jouissif qui s’introduit dès l’intro de guitare en Ré mineur de Drive, avec ce changement impressionnant de rythme avec l’introduction de la guitare électrique et de l’orchestre au milieu de la chanson, la douce ballade country Try not to breath, une petite pause rythmée The Sidewinder Sleeps Tonitela sombre mais magnifique Everybody Hurts, le lugubre Star Me kitten, Man in The Moon avec ses paroles satiriques, et ces 2 ballades magiques qui clôturent en beauté ce disque composé par tous les membres  du groupe, qui a connu la participation de John Paul Jones et qui a été acclamé par le public mais aussi par les artistes de renoms à ne citer que Bono ou Kurt Cobain qui est tombé sous le charme du son acoustique de l’album qui serait malheureusement le dernier disque qu’il a écouté avant de mettre fin à sa vie. 

Et puisque jamais deux sans trois, le succès planétaire de R.E.M. continue mais cette fois avec un album plus vif et rauque. Monster est l’Album Rock du groupe avec la guitare saturée de Peter Buck et la batterie dynamique de Bill Berry, mais sans s’éloigner de la force mélodique qui a marqué les albums précédents du groupe. Dès les premières secondes de What’s the Frequency, Kenneth? on aperçoit la différence palbable du disque avec son prédécesseur, suivi par Crush with the eyliner, un morceau attrayant où le groupe c’est amusé à ajouter l’effet Reverber même à la voix de Stipe, le funky King of the Comedy. Vous pouvez aussi savourer l’entraînant Bang and Blame et le formidable hommage à Kurt Cobain Let me in. Monster pourrait être considéré comme un album de retour au racines garage Rock du groupe tout en se s’aventurant vers le futur.

Cette aventure continuera avec leur 10ème album qui sortira en 1996. New adventures in Hi-Fi est un album versatile synthétisant le travail du groupe durant les 3 albums précédents, s’imprégnant de la douceur de Out of Time, la sensibilité d’Automatic for the people et le son Rock de Monster. Un album enregistré  durant la tournée s’inspirant de la méthode de Radiohead d’enregistrement de The Bends, ce qui donne un aspect de Live Album, avec toutes les imperfections et le charme qui en résulte. L’album a vu la participation de Patti Smith qui a chanté le refrain sur E-Bow the letter, premier single de l’album, l’harmonie entre les voix de Stipe et Smith est tout simplement hallucinante. L’album contient aussi quelques bijoux, à ne citer que la trippante New Test Leper, l’énergétique So Fast, so Numb et la sublime Electrolite qui clore l’album d’une façon magistrale.

En octobre 97, le quatuor devint un trio après que Bill Berry quitte à l’amiable le groupe. Les membres restant ont choisi de continuer le chemin tout en s’ouvrant aux sons électroniques sur l’album Up, une décision mal appréciée par les fans de longues dates, et qui pourrait être comparable à la réaction des Fans de Metallica après la sortie de Load. Mais l’album ne marque pas quand même un changement drastique, puisque en plus de l’incorporation d’effets électroniques et l’utilisation de la boîte rythmes, le groupe continua à sortir des chansons énergétiques attrayants et des ballades affectueuses à l’image de Daysleeper ou At My most Beautiful qui constitueront par la suite des moments phares des concerts du groupe. Up est un album de rêverie doux qui nous porte avec les paroles poétiques de Stipe vers un 21ème siècle mystérieux mais prometteur, comme l’aurait chanter sur Walk Unfraid.

3 ans après la sortie de Up, R.E.M. fait son grand retour aux racines avec Reveal, un album qui a reçu plusieurs critiques négatives, sauf qu’il est du genre qui se bonifie avec le temps et les écoutes. Après quelques années Reveal est devenu un album très appréciable pour les fans, sauf que quelques chansons manquaient énormément d’inspiration. Cet album aurait pu être un parfait EP si le groupe avait décidé d’inclure que l’immersif I’ve been High, All the way To Reno le sublime hymne de l’espoir,  qui serait la chanson préférée du groupe de Peter Buck, la formidable She just wants to be,ma chanson préféré de l’album surtout dans sa version live; Disappear où Michael Stipe cite Agadir et Taroudant, 2 villes qu’il affectionne et qu’il a déjà visité. L’EP pouvait être clôturé par Imitation of Life, formidable chanson qui nous rappelle le début du succès commercial du groupe.

Le groupe désormais trio poursuit sa croisière avec Around The Sun, un album qui se voulait plus imposant que son prédécesseur, sauf qu’il serait probablement l’album de trop de toute la discographie de R.E.M.. Certes il contient de jolies chansons une poésie imparable sur quelques chansons, un engagement politique assez présent puisque l’album est sorti durant la compagne présidentielle américain, où le groupe soutenait publiquement John Kerry contre G.W.Bush; Mais Around The Sun manquait d’intimité et d’engagement musical du groupe par rapport aux autres albums. Si le morceau introducteur Leaving New York est une belle ballade mélancolique comme REM sait produire parfaitement, la suite de l’album est une succession de morceaux dépressives amers, ou de chansons expérimentales incompréhensibles comme la collaboration avec le rappeur Q-Tip sur The Outsiders -qui est pourtant une des meilleurs chansons de l’album-. Un disque flou à l’image de la pochette qui n’a pas découragé les membres du groupe à retenter leur chance pour reprendre leur place au sommet du Rock Alternatif.

Un pari largement gagné avec la sortie d’Accelerate en 2008, un album agressif qui marque un retour au son Rock, une sorte de Monster du 21ème siècle. Un album au tempo rapide comme si Buck, Mills et Stipe criaient qu’ils ne vielleront jamais et que R.E.M. a toujours la force et l’inspiration de nous proposer le meilleur du Rock alternatif, une envie discernée dès « Living Well is the best revenge« , un morceau supersonique et mélodique avec la symbiose magnifique entre la guitare saturée de Buck des grands jours, le son moelleux du clavier de Mills et la voix pénétrante de Stipe. Man-sized Wreath qui s’enchaîne avec  la même allure, s’en suit l’excellent Supernaturel Superserious, premier single de l’album et qui marque l’incroyable retour du groupe au devant de la scène musicale, avec Hollow Man avec son refrain tonique. L’album est orné par quelques titres plus calmes, des ballades country comme Houston et Until the day is done au milieu de morceaux onduleux limite Punk. Une ambiance effervescente qui rend Accelerate un disque de renouveau, où les membres du groupe scandent  » We still can Rock! » à la plus grande joie de leurs fans.

En 43 minutes, R.E.M. chantait son testament aux millions de fans à travers le globe, avec un album aux sonorités résonnantes, une verve intarissable, une production qui ne laisse aucune tâche et un choix de chansons minutieux sans aucun superflux. Collapse into now résume l’éclectisme de la musique de R.EM., entre le Rock solide de All The Best ou Mine Smells Like Honey, la pop esthétique d’Uberlin, les paroles poétiques, et un folk Rock parfait à l’image de Oh my Heart, sublime ballade mariant douceur de la mandoline et son promenant de l’accordéon avec une harmonie élégante en refrain entre les voix de Stipe, et la voix sous estimée de Mike Mills, avec la participation d’Eddie Vedder et de Patti Smith. Le quinzième album du groupe où les membres du groupe apparaissent pour la première fois sur la couverture est un cadeau aux fans, un disque abouti qui termine en beauté une carrière fructueuse et impressionnante de plus de 30 ans, et qui montre que les 3 membres restants n’ont jamais perdu la passion de produire de la bonne musique, et aussi un message subliminal de vivre le présent et ne pas se soucier de futur, un futur qui serait sans R.E.M.

En 32 ans de carrière, R.E.M. a connu la difficulté des débuts, les tournées dans les petits clubs d’Amérique, le succès mondial fracassant, la rupture, la déception et surtout la joie de se produire devant un public enthousiaste et fidèle, car même devant des milliers de  personnes, les concerts du groupe étaient intimistes où les membres partageaient leur passion et sentiments avec le public et produisaient la plupart du temps des prestations meilleures que les versions des albums. R.E.M. avec toute la diversité de sa musique garde une marque reconnaissable sur tous les albums, le groupe  qui mérite son inhumation au Panthéon du Rock a expérimenté le son pop, le Folk, country, la musique électronique, et a même effleuré le Punk tout en les incorporant dans une mélodie propre au groupe minimaliste et attrayante. Le groupe qui a atteint le summum du succès commercial n’a jamais renié ces principes, et est resté fidèle à son esprit primaire valorisant l’art et la liberté d’expression à l’argent, ils ont insisté sur la propriété complète de leur oeuvre au moment de la signature du contrat avec Warner Bros, ils ont toujours produit ce qu’ils voulaient sans se soucier des tendances et des pressions des maisons de disque, au point de refuser une tournée de promotions de ces deux plus grands succès commerciaux Out of Time et Automatic for the People. R.E.M. est un symbole de « l’intégrité intellectuelle » rarissime d’un groupe qui n’a pas peur de prendre des positions et qui les assume, tout en produisant une musique séduisante, raffinée et intelligente qui fait danser le corps, chavirer le coeur et interpeller le cerveau.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *