Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #1

Après 3 ans d’hésitation et suite à l’insistance de ma très chère amie Zineb – à qui je dédie cet article – j’ai enfin décidé d’exprimer mon idylle pour un monument du Rock alternatif, et de vous faire découvrir de ma propre façon R.E.M. comme c’était le cas avec plusieurs de mes amis qui étaient initiés à la poésie de Stipe et à la musique énigmatique mais mélodieuse du groupe.

Le 21 septembre 2011, le groupe annonce sur son site son arrêt d’activité, alors qu’il venait tout juste de sortir son quinzième album studio, que les critiques analysaient l’album, que les fans s’appatientaient de revoir les membres du groupe sur scène, et alors que je rêvais d’assister à un de leurs concerts après avoir écouter toutes leurs discographies. Difficile de digérer une telle nouvelle, mais après réflexion, le texte de l’annonce était l’ultime expression d’un amour mutuel qui relie le groupe à sa base fidèle de fans, une éloquence de respect envers ses principes et son oeuvre de 31 ans. Car R.E.M. n’est pas seulement un producteur de chansons, mais un véhiculateur d’idées et de principes, un groupe qui se respecte et qui chante pour partager sa passion. Une séparation à l’amiable, sans tracas, sans tragédie, et qui laisse tout le monde triste mais tranquille.

31 ans auparavant, 4 jeunes musiciens originaires d’Athènes, Atlanta, vivaient leur petit rêve, circuler en van et chanter devant un public de plus en plus nombreux. Un groupe d’Indie avec un éthique Punk, qui voulait prouver son talent à chaque personne présente. Un esprit qui va rapidement donner ces fruits à la sortie du premier Single « Radio Free Europe » qui reçoit l’éloge du New York Times, et qui sera l’ouverture d’une carrière qui commencera officiellement avec la sortie  de leur premier album Murmur,un album mystique et attrayant à la fois. Les mélodies simplistes de Peter Buck marient à merveille le chant marmonnant et pénétrant  de Stipe, avec la présence du rythmique de Bill Berry, de la basse persistante de Mills et surtout son harmonie magique en voix avec Stipe qui n’est pas très mise en évidence mais qui constitue une des marques du groupe sur tous ces prochains albums. Tous ces ingrédients ont fait de Murmur un vrai succès critique au point de dépasser Thriller et War au classement des meilleurs albums de The Rolling Stones Magazine. La basse consistante sur Radio Free Europe, le chant mystique sur Pilgrimage, la musique simple et juste de Laughin, la mélodie de Talking about the passion, la tonalité mineur de Perfect Circle, et le refrain dansant de Sitting Still, sont tous de marques qui vous initieront à l’amour de REM.

Un an seulement après, le groupe sort Reckoning, un album chaleureux qui marque une intimité spéciale entre la variété impressionnante des sentiments et humeurs véhiculés sur les 10 chansons le composants. Un album plus raffiné côté production, mais qui ne fait pas perdre la magie de la simplicité mélodique du groupe, du mystérieux chant de Stipe, et la beauté intrigante des paroles qui touchent aussi bien le coeur que le cerveau. Reckoning est un des albums les plus chéris par les fans puristes du groupe, en écoutant « Don’t go back to Rockville » vous allez comprendre cet aspect intimiste du disque, comme si R.E.M. s’invite à tes oreilles pour te faire un concert pour toi seul.

Le folie créatrice de R.E.M. n’a pas ternie après la sortie de ces deux joyaux, elle a produit ensuite, un album qui marque un léger changement, des arpèges acoustiques et accords mineurs simples à une utilisation plus marquantes de l’orchestre, les paroles sont moins énigmatiques mais le chant l’est toujours. Fables of The Reconstruction est un album langoureux, mélancolique très affecté par l’humeur morose des sessions d’enregistrement à Londres, ou les membres du groupe se sentait dépaysés de leur Sud américain. Des suggestions des chansons ? Ecoutez tout l’album mais si vous avez à choisir 3 chansons, ça serai Maps and Legends, le merveilleux Driver 8 et Can’t Get There from Here pour sa ligne de basse.

S’en suit Lifes Rich Pageant, que je recommande vivement à toute personne voulant découvrir la musique du groupe aux années 80. Un chef d’oeuvre qui réunit parfaitement la rage du Rock, l’ambiance dansante de la Pop, chaleureuse du Folk et surtout des paroles engagées qui feront de quelques chansons de l’album des hymnes d’écologisme, notamment « Fall on me » qui peut être considérée comme une des meilleures chansons du groupe avec le tandem magique des voix de Stipe et Mills en refrain, et  la musique élégante. Sans oublier l’énergétique Begin to Begin, Cuyahoga et The Flowers of Guatemala, et surtout cette perle folk de Swan Swan H.

Après le succès commercial et critique du précédent album, R.E.M. sort Document, un disque très Rock avec la présence imposante de la guitare électrique de Buck, avec des riffs plus lourds, et l’énergétique jeu de Bill Berry à la batterie, s’ajoute à ça des paroles à fortes connotations politiques s’indignant de la politique néo-impérialiste de Reagen. The one i Love marque le premier vrai succès commercial du groupe en se plaçant au Top 10 des Singles, mais l’album contient bien plus de belles chansons, comme Finest WorksongWelcome to the Occupation, ou It’s the End of the World as We Know It (And I Feel Fine) qui est indéniablement un des classiques du groupe.

Après le succès de Document, le groupe signe avec Warner Bros pour mieux s’exporter en Europe mais en ne cédant pas à la cupidité, puisque le contrat était très avantageux au groupe qui reste entièrement détenteur de ces chansons. Avec les chansons Pop/Rock dansant et joyeux de Pop Song89 et Get Up, le Rock d’Orange Crush, les racines Folk sur You Are the Everything, The Wrong Child et Hairshirt qui marque le début d’utilisation de la mandoline qui sera un instrument de marque sur les prochains albums, et la présence de titres à fort engagement politique comme Stand et World Leader Pretend qui montre que le groupe reste libre dans ces pensées et a tout le courage d’exprimer ces idées politiques au monde entier. Green était un nouveau départ de R.E.M. vers de nouveaux horizons mais sans perdre l’essence, un esprit Punk exprimé en mélodies Pop/Rock mariés au Folk sudiste.

R.E.M. a attendu 3 ans pour émerger d’une façon explosive sur la scène Pop mondiale et devenir un groupe international avec la sortie de Out of time, un album intemporel qui combine la pureté de l’esprit du groupe à l’ouverture vers l’autre. Du début Funk de Radio Song, à l’énormissime Losing my Religion qui est ma chanson préférée de tout les temps avec son intro de mandoline, ces mélodies simples et efficaces et le message d’amour subliminal qui ajoute du charme à ce chef d’oeuvre. L’album contient d’autres morceaux qui valent le détour, que ça soit le joyeux Shiny Happy People, la balade Folk sublime Half A world Away, Texarkana avec la basse qui charme et le Mike Mills qui nous montre qu’il peut vraiment chanter une chanson à lui seul, et enfin cette balade mélancolique et poétique de Country Feedback, chanson préférée de Michael Stipe.

Retrouvez la suite de l’article le jeudi 

Mais pour le moment, savourez une playlist de quelques morceaux soigneusement sélectionnés des 7 premiers albums du groupe.

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