Le songe d’une nuit d’été : Sur les pas de Alison Sudol

D’un rythme lent, délectable et flegmatique. C’est comme si elle se suspendait dans le temps …

 L’art pour l’art

D’une main débonnaire, souple et douceâtre, elle dénue, taille et élague sa mélopée.
D’un piano mélancolique, elle pond ce son exquis, onctueux et loin du papelard, aussi aguicheur qu’entrainant.
D’une délicatesse interminable, d’une profondeur conquérante, elle transpose une fougue passionnelle pour produire une musique, spirituellement, malléable laissant patauger les finesses auditives dans une douceur infinie.

La tête dans les nuages

 Le périple auditif est enivrant, quand sa voix et ses paroles lyriques, d’une esthétique verbale contemplative et empreinte de poésie, s’allient à sa mélodie, une liaison aussi hétérogène que compatible, le genre qu’on peut toucher, sans qu’il soit, pour autant, palpable, le genre qui frappe, suscite puis pénètre et alimente l’imagination d’où nait l’univers fantasmagorique, le rêve éveillé et d’où découle l’opportunité de préfigurer tous les scénarios possibles, toutes les interprétations parolières plausibles.
Le périple auditif n’est pas aisé, sa musique demande de grands efforts pour se laisser apprécier. Cela ne signifie point qu’elle ne réagit que sur les esprits avertis, elle est tout aussi capable de renverser les esprits chétifs, elle les caresse, se blottit contre eux, puis ils succombent …
Le périple auditif est intriguant, on ne peut écouter Near to you sans pour autant qu’elle nous emporte vers Almost Lover pour atterrir sur Happier (ses titres les plus en vogue) Bien que cela soit impossible de s’y arrêter parce que Rangers nous appréhende ! Désarmés et incapables, nous fléchissons pour découvrir Liar, Liar.
Après avoir, langoureusement, savouré LA discographie, nous plongeons dans un cercle vicieux, à l’écouter en boucle, sans répit ni lassitude.

Laisser prendre un feu à son feu !

Sa musique est tacitement rebelle mais explicitement disciplinée; elle transmet une rage et une colère saisissantes, mais emplies de beauté.
Une musique d’une ardeur démesurée, froide comme un glacier, mais chaude comme la braise …

“The poet’s eye, in A FINE FRENZY rolling, doth glance from heaven to Earth, from Earth to heaven; and as imagination bodies forth the forms of things unknown, the poet’s pen turns them to shape, and gives to airy nothing a local habitation and a name; such tricks hath strong imagination.”
Dixit Shakespeare dans  » Le songe d’une nuit d’été « 

À partir de ces versets, elle extrait son nom de scène « A fine Frenzy  » apprend le piano par elle même, se met à l’écriture et réinvente la musique à sa propre manière, pour nous servir délicieusement ses merveilleux albums qui nagent dans les mêmes eaux, composant une histoire où chaque chanson apporte sa pierre à l’édifice. Le tout auréolé de créativité et de diversité

One Cell in the sea (2007)

Bomb in a Birdcage (2009)

Pines (2012)

Alison Sudol, professionnellement connue sous le band name A fine frenzy, chanteuse américaine de 29 ans.
Vous, passionnés de l’Indie, folk et pop, vous ne pouvez passer à coté d’une telle découverte.
Cet article fait office d’une forte recommandation.

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