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Tracker : Le retour de Mark Knopfler

Alors qu’il y a plusieurs fans qui espèrent impatiemment que Mark Knopfler réunisse à nouveau son groupe légendaire Dire Straits, le guitariste anglais semble préférer explorer de nouveaux territoires musicaux et produire de nouveaux albums solos.

Rassurez-vous ! Dans ce dernier album, l’ex leader des Dire Straits, n’a rien perdu de son talent, et surtout de son éclectisme et classe musicale qui lui valurent la reconnaissance des fans et des musiciens.

Avec « Tracker », Mark Knopfler délaisse un peu son jeu aérien de guitare pour se convertir en conteur. 12 histoires courtes convoyées de rythmes bien ficelés.
Knopfler nous invite à un voyage, vers une multitude de lieux et d’histoires : Pendant des ballades Rock et Blues, on peut sentir le tabac et le cotton du Mississipi, le Rhum des côtes Irlandaises sur du Folk Celte et l’ambiance d’un vieux Pub où le Jazz résonne.

Mark Knopfler entame son tout dernier apport, à l’esprit de la musique, avec une jolie ballade celtique qui nous rappelle un peu le style des Pogues avec une touche plus douce en donnant vie à un texte empli de nostalgie et d’amour de la musique celtique et le nomme : « Laughs and Jokes and Drinks and Smokes ».
Ensuite il rend hommage à Basil Bunting (un des poètes modernistes les plus réputés) avec le morceau « Basil », issu de l’union d’un poème  émouvant et des douces mélodies de la guitare.
Quant à « Rivers Town » elle relate l’histoire d’un marin errant qui a perdu ses racines.
Des rivières, le musicien anglais nous transporte au ciel, le tempo change aussi, avec « Skydiver », un joli morceau folk rock rythmé. 

Tracker est un album avec une touche très personnelle; à l’image de « Mighty Man » où Knopfler se rappelle les années où il a vécu en Ecosse avec des ornements celtiques. La nostalgie continue avec « Broken Bones » mais cette fois en changeant de registre, utilisant des sonorités Funk, une chanson qui nous fait sortir de la douceur des ballades du début de l’album mais sans perdre une once d’élégance et de finesse. On enchaîne avec une ballade Dylanesque. « Long Cool Girl » est écrite lors de la tournée qui a réunit les deux poètes/musiciens en 2011, elle illustre l’influence de Bob Dylan sur le style poétique de Knopfler consolidée avec son unique jeu de guitare.
« Lights of Tormina » et « Silvre Eagle » sont des chansons  mélancoliques. On ne s’ennuie pas en les écoutant. Par contre, on ressent une espèce de quiétude grâce à la voix « simple » de Knopfler.

Pour les nostalgiques des Dire Straits, Il leur offre un morceau à la Sultans of Swing. « Beryl » en hommage à l’écrivain Beryl Bainbridge, est une chanson mélodique où Knopfler nous assure que ses doigts peuvent toujours faire des merveilles et qu’il  peut toujours créer des morceaux rythmés qui nous font danser sur le son moelleux de sa Stratocaster. Un plaisir mélodieux qui ne dure que 3 minutes pour laisser place à un chef d’oeuvre. « Wherever I go » est certainement la meilleure chanson pour terminer cet album. La complicité des voix de Ruth Moody et Mark Knopfler donne un charme exceptionnel à cette chanson, et si on y ajoute la dualité des sons du saxophone et de la guitare on a droit à plus de 6 minutes de pur plaisir. 

A l’instar de plusieurs légendes du Rock, Mark Knopfler ne pense plus à vendre des albums en masse car il en a déjà vendu des millions, mais il préfère se redécouvrir, créer de nouveaux sons, avoir une approche plus personnelle et de faire ce qu’il veut sans rien attendre du public. Il faut avouer que le résultat est bon; un disque agréable à l’écoute qui peut être savouré à tout moment, car ce genre de création est intemporel.