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Sister Rosetta Tharpe, la femme qui inventa le Rock’n’Roll

Bien avant Elvis Presley, Chuck Berry, Little Richard et d’autres figurent pionnières du Rock’n’Roll, une femme d’église posait les bases de ce genre musical qui a marqué la deuxième moitié du XXème siècle. Une virtuose de la guitare, une révolutionnaire d’esprit, et une légende de la musique cruellement oubliée après sa mort, en 1973.

Née en 1915 au bord du Mississipi à Cotton Plant, elle a grandi dans une famille qui respirait la musique, elle a hérité le talent du chant de son père. De sa mère, Rosetta s’est imprégnée non seulement du don pour la guitare -sa mère était membre d’une église évangéliste et jouait souvent à la mandoline pour inciter les gens à venir en église- mais aussi de sa forte personnalité et son charisme avec qui elle immigre à Chicago  à l’âge de 6 ans, où elle découvre le Blues et le Jazz en plus du Gospel.

Dès ce très jeune âge, Rosetta a commencé à impressionner par sa dextérité en guitare et piano, mais aussi par son penchant pour le spectacle sur scène qui dépassait les standards de l’époque. Avec sa mère, elle sillonera les églises Américaines et deviendra progressivement une figure du Gospel.

A l’âge de 23 ans, Sister Rosetta quitte l’église et voyage à New York où elle introduit la musique Gospel au clubs new-yorkais. Au fil des années, elle devint une figure incontestable de la musique afro-américaine dans une Amérique fortement ségrégationniste. Elle jouait souvent devant un public blanc constitué principalement d’hommes. Elle reçoit aussi les critiques de l’Eglise choquée par le nouveau tournant dans sa vie de star, mais Sister Rosetta Tharpe était une rebelle, une anti-conformiste, iconoclaste avant l’heure, et faisait ce qu’elle voulait tout simplement, chanter pour Dieu et savourer les joies de la vie dans les clubs.

Elle deviendra la figure incontournable du Gospel aux Etats-Unis, et s’imposera comme une star de la radio et de la télévision à partir des années 40.
Par son énergie intarissable et son sens du spectacle, Sister Rosetta est devenue l’idole d’une Amérique qui se métamorphose, et a ouvert le sentier du succès à des dizaines d’artistes américains noirs qui souffraient de racisme primaire par les maisons de disques.
Durant ses tournées, elle animait des concerts dans des églises comme dans des clubs. Elle réussissait à allier le séculaire au spirituel et à unir un peuple séparé.
Ses disques ont parcouru le monde avec les soldats américains qui participaient à la 2ème guerre mondiale. Elle était tellement idolâtrée que son mariage a été organisé dans un stade et a assemblé plus de 25 milles personnes qui ont payé leurs tickets.

Cette précédente vidéo résume à elle seule le génie et l’esprit avant-gardiste de celle qui a posé les premières pierres d’un édifice musical intemporel. Son talent à la guitare dépassait les normes, ses solos révolutionnaires lançaient les prémices du Rock’n’Roll de Chuck Berry et nous font penser même aux chevauchés guitaristiques d’Angus Young. Le vrai maître de la Gibson SG n’est ni Chuck Berry ni Angus, ni Tomi Iommi, ni même Eric Clapton, il est une femme ! Héroïque, qui s’appelle Rosetta et qui marquera la musique à jamais avec sa personnalité, son esprit visionnaire et son jeu de guitare rapide et aggressif des années avant le Hard Rock.

Elle propagera la musique américaine outre-atlantique durant les années 60, et fera connaître son jeu excentrique à des guitaristes de légende. Mais ses moments de gloire toucheront à leur fin dès 1970, après des complications au niveau de la santé qui la pousseront à tirer un trait sur sa carrière, et qui seront la cause de sa mort 3 ans après. Une mort qui laissera la musique américaine noire orpheline de celle qui a poussé les standards très hauts, qui a refusé à se contenter des limites, et qui s’est imposée non seulement comme une artiste de légende, mais une héroine, un exemple du courage, de l’ambition et de l’esprit rebelle.

Sister Rosetta était cette femme qui a réunit le séculaire et le spirituel, celle qui a brandit le slogan de la liberté dans un pays raciste et misogyne. Une femme qui parlait de sa bisexualité ouvertement durant les années 50, une artiste qui tournait seule les états de l’Amérique au côté d’hommes pour donner la joie à des millions de fans, une rebelle qui voulait  vivre sa vie à sa propre manière, une étoile née aux champs de coton de l’Arkansas pour se placer au sommet du Panthéon de la musique.

Top 10 : Chansons plagiées.

L’actualité musicale de ce mois a été marquée par la condamnation de Khaled pour plagiat sur son tube Didi qui a propulsé la carrière du roi du Rai. Sur cet article je vais vous présenter 10 chansons que vous connaissez certainement et qui sont plagiées (ou juste très similaires). La liste contient quelques-uns des plus grands groupes de l’histoire de la musique, donc attendez-vous à être choqués/déçus.

#10 Radiohead – Creep / Albert Hammond –  The Air That I Breathe

Quand on est débutant en musique, on essaie d’apprendre des anciens groupes, et des fois on s’en imprègne tellement qu’on produit un son très similaire aux chansons qu’on a écoutées ; c’est effectivement ce qui est arrivé à Radiohead. Si vous écoutez attentivement The Air That I breathe d’Albert Hammond (ou la version des Hollies) vous allez remarquer que les couplets sont des mêmes rythme et accords que le premier grand succès de Radiohead, qui ont dû partager les droits d’auteurs avec Albert Hammond même s’ils prétendent que cette « similarité » n’est qu’un pur hasard.

#9 Oasis – Shakermaker / The new seekers – I’d Like to teach the world to sing.

Bien que j’adore Oasis, je me dois et vous dois d’avouer que sur Shakermaker, Noel Gallagher a fait simplement un « copier-coller » de la mélodie de I’d like to teach the world to sing pour produire le deuxième single du groupe. Une faute de débutant peut être mais qui  a décrédibilisé l’un des meilleurs songwriters des 20 dernières années.
Les Oasis ont été contraints de verser une somme d’argent aux auteurs de « la version originale » (oui Shakermaker n’en est qu’une reprise moderne) et de les mentionner sur la pochette de l’album.

#8 The Chemical Brothers-Galvanize /Najat Aatabou- Hadi kdba bayna

Najat Aatabou n’inspire pas que Robert Plant. Lors du dernier match de Manchester City contre Fc Barcelone, le public marocain a été surpris d’entendre une chanson de Najat Aatabou à l’Etihad Stadium. Au fait ce qu’ils ont écouté était Galvanize de The Chemical Brothers qui ont copié religieusement le son de la chanson de la chanteuse marocaine pour bâtir autour leur hit. Ils ont dû payer une somme considérable à notre chanteuse marocaine (il le fallait).
C’est bel et bien le plus grand cas de plagiat d’une chanson marocaine à l’étranger (imaginez-vous en train de jouer à Need for speed sur la version de Najat Aatabou).

#7 Pink Floyd – Breathe / Piero Umiliani – Lady Magnolia

Aussi malheureux et sidérant que cela puisse paraitre, Pink Floyd figure sur cette liste ! Vous n’avez qu’à écouter le morceau de Piero Umiliani et vous en aurez la confirmation; vous allez immédiatement penser à Breath. La ligne de basse et la mélodie est presque la même. Vous pourrez chanter Breath sur Lady Magnolia. Mais on ne sait toujours pas si c’est un pur hasard (oui comme ce qu’allèguent tous les artistes sur cette liste) ou si Waters a copié deliberemment la chanson, ou encore s’ils se sont arranger pour résoudre ce dossier en amiable sans tracas médiatique.

#6 The Beatles – Come together / Chuck Berry – You can’t catch me

Peut-on être aussi prolifique et avoir tant de succès sans rien copier ? Difficile, voire impossible. Le plus grand groupe britannique des années 60 a modifié You can’t catch me de Chuck Berry pour « créer » Come together. Paul McCartney avoue s’être inspiré de cette chanson (ou « inspirer ») et qu’il a augmenté la puissance de la ligne de basse pour la rendre « meilleure ».
Pendant qu’on y est, il existe a un autre plagiat -tellement immonde que le terme plagiat parait anodin – d’une  autre chanson de Chuck berry. Il s’agit de Surf In Usa des Beach Boys.

#5 Pearl Jam – Given to fly / Led Zeppelin – going to California

Eddie Vedder écoute beaucoup du Led Zeppelin, ça c’est sûr, au point de composer une chanson similaire à Going to California. Une version électrique je dirai. Il pouvait simplement faire une reprise de leur façon comme Eddie sait bien le faire. Pour les fans de Led Zeppelin, ne vous indignez surtout pas -SPOILER ALERT- ils sont aussi sur la liste !

#4  George Harrison – My sweet lord / The Chiffons – He’s so fine

My sweet lord est l’une des chansons que j’ai adorée dès la première écoute, jusqu’au jour où j’ai découvert que ce n’était qu’un plagiat de He’s So fine des chiffons.
Harrison aurait copié involontairement la chanson des Chiffons, tel était le verdict du tribunal. ll a eu également à verser une somme pour le groupe et l’affaire fut close.

#3 Led Zeppelin Whole Lotta love/ Muddy Waters, Willie dixon – You need love

Plusieurs chansons de Led zeppelin sont sujettes aux polémiques de plagiat, la dernière étant Stairway to heaven, au point que des critiques les considérent comme étant le plus grand groupe de reprises (ni plus ni moins). Led Zeppelin se sont empiffrés de Blues, ce qui les a mené à copier des paroles ou des mélodies. Robert Plant l’avoue d’ailleurs, mais insiste sur le fait que le riff de la chanson est authentique (mais il est un peu proche de l’original quand même, vous ne trouvez pas ?). De toute façon, cela ne récuse pas le talent des membres du groupes, leur génie musical (même en copiant).

#2 Joe Satrian – If I could Fly / Coldplay – Viva la vida

Et si Viva la vida été plagiée ? En tout cas sur le morceau du guitar hero américain vous pouvez écouter à partir de la seconde 50 la version guitare électrique de Viva la vida, sauf que cet instrumental a été produit avant la sortie du tube planétaire du groupe britannique. En 2008, le guitariste a accusé le groupe de l’avoir plagié, une affaire conclue par un accord conciliant (comme dans la plupart des cas sur cette liste).

#1 Nirvana Come as you are / The killing jokes – Eighties/ The Damned – Life goes on

Je suis désolé de continuer à vous choquer mais Come As you are serait aussi un morceau plagié. En effet, Nirvana aurait copié le riff de la chanson Eighties du groupe anglais The killing jokes, cité par Dave Grohl comme une grande influence pour lui et pour le groupe.
Quand Kurt Cobain a été interrogé à ce propos, il affirmait n’avoir « jamais » écouté le morceau en question. Pour rendre l’histoire plus intéressante, on y ajoute un autre riff, celui de Life Goes on de The Damned, une version new wave vintage de ce que vous écoutez sur les 2 chansons précédemment citées. Ce qui est encore curieux et surprenant, c’est qu’aucun des 2 groupes britanniques n’a intenté une action en justice. (La mort subite de Kurt Cobain en serait peut être la cause). Une histoire qui mérite la première place de notre Top 10.

Playlist : Let’s Rock’n’Roll!

Pour cette première playlist de l’année, pendant cette période de préparation aux examens et de reprise du rythme infernal du travail. Je vous propose une sélection de chansons vintages mais énergétiques, pour déstresser et surtout danser !

Ce soir, nous allons guincher sur du Rock’n’Roll des années 50. Nous reviendrons aux débuts de ce genre qui a influencé la musique, et qui était à l’origine de plusieurs genres musicaux des 60’s jusqu’aux années 2000. Nous écouterons les maîtres du Rock’n’Roll, de Chuck Berry, considéré comme l’inventeur du genre, à Buddy Holly, en passant par le Roi Elvis Presley, l’infatiguable Little Richard et bien d’autres grands artistes de la deuxième moitié de cette décennie remarquable.

Alors Let’s Rock’n’Roll ! ( et n’oubliez surtout pas le Roll ! )