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Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #2

Peter Buck, guitariste du groupe, avait affirmé qu’il y avait un avant et après Losing My Religion dans l’histoire du groupe. Sur cet article, vous allez découvrir la suite du périple de ce monument de Rock Alternatif.

Le groupe a préféré enregistrer un album que de faire une tournée promotionnelle à Out of Time, est le résultat était le disque qui fera de R.E.M. un monument de la musique. Automatic for the people est un bijou irrésistible qui vous plongera dans une mélancolie jouissif qui s’introduit dès l’intro de guitare en Ré mineur de Drive, avec ce changement impressionnant de rythme avec l’introduction de la guitare électrique et de l’orchestre au milieu de la chanson, la douce ballade country Try not to breath, une petite pause rythmée The Sidewinder Sleeps Tonitela sombre mais magnifique Everybody Hurts, le lugubre Star Me kitten, Man in The Moon avec ses paroles satiriques, et ces 2 ballades magiques qui clôturent en beauté ce disque composé par tous les membres  du groupe, qui a connu la participation de John Paul Jones et qui a été acclamé par le public mais aussi par les artistes de renoms à ne citer que Bono ou Kurt Cobain qui est tombé sous le charme du son acoustique de l’album qui serait malheureusement le dernier disque qu’il a écouté avant de mettre fin à sa vie. 

Et puisque jamais deux sans trois, le succès planétaire de R.E.M. continue mais cette fois avec un album plus vif et rauque. Monster est l’Album Rock du groupe avec la guitare saturée de Peter Buck et la batterie dynamique de Bill Berry, mais sans s’éloigner de la force mélodique qui a marqué les albums précédents du groupe. Dès les premières secondes de What’s the Frequency, Kenneth? on aperçoit la différence palbable du disque avec son prédécesseur, suivi par Crush with the eyliner, un morceau attrayant où le groupe c’est amusé à ajouter l’effet Reverber même à la voix de Stipe, le funky King of the Comedy. Vous pouvez aussi savourer l’entraînant Bang and Blame et le formidable hommage à Kurt Cobain Let me in. Monster pourrait être considéré comme un album de retour au racines garage Rock du groupe tout en se s’aventurant vers le futur.

Cette aventure continuera avec leur 10ème album qui sortira en 1996. New adventures in Hi-Fi est un album versatile synthétisant le travail du groupe durant les 3 albums précédents, s’imprégnant de la douceur de Out of Time, la sensibilité d’Automatic for the people et le son Rock de Monster. Un album enregistré  durant la tournée s’inspirant de la méthode de Radiohead d’enregistrement de The Bends, ce qui donne un aspect de Live Album, avec toutes les imperfections et le charme qui en résulte. L’album a vu la participation de Patti Smith qui a chanté le refrain sur E-Bow the letter, premier single de l’album, l’harmonie entre les voix de Stipe et Smith est tout simplement hallucinante. L’album contient aussi quelques bijoux, à ne citer que la trippante New Test Leper, l’énergétique So Fast, so Numb et la sublime Electrolite qui clore l’album d’une façon magistrale.

En octobre 97, le quatuor devint un trio après que Bill Berry quitte à l’amiable le groupe. Les membres restant ont choisi de continuer le chemin tout en s’ouvrant aux sons électroniques sur l’album Up, une décision mal appréciée par les fans de longues dates, et qui pourrait être comparable à la réaction des Fans de Metallica après la sortie de Load. Mais l’album ne marque pas quand même un changement drastique, puisque en plus de l’incorporation d’effets électroniques et l’utilisation de la boîte rythmes, le groupe continua à sortir des chansons énergétiques attrayants et des ballades affectueuses à l’image de Daysleeper ou At My most Beautiful qui constitueront par la suite des moments phares des concerts du groupe. Up est un album de rêverie doux qui nous porte avec les paroles poétiques de Stipe vers un 21ème siècle mystérieux mais prometteur, comme l’aurait chanter sur Walk Unfraid.

3 ans après la sortie de Up, R.E.M. fait son grand retour aux racines avec Reveal, un album qui a reçu plusieurs critiques négatives, sauf qu’il est du genre qui se bonifie avec le temps et les écoutes. Après quelques années Reveal est devenu un album très appréciable pour les fans, sauf que quelques chansons manquaient énormément d’inspiration. Cet album aurait pu être un parfait EP si le groupe avait décidé d’inclure que l’immersif I’ve been High, All the way To Reno le sublime hymne de l’espoir,  qui serait la chanson préférée du groupe de Peter Buck, la formidable She just wants to be,ma chanson préféré de l’album surtout dans sa version live; Disappear où Michael Stipe cite Agadir et Taroudant, 2 villes qu’il affectionne et qu’il a déjà visité. L’EP pouvait être clôturé par Imitation of Life, formidable chanson qui nous rappelle le début du succès commercial du groupe.

Le groupe désormais trio poursuit sa croisière avec Around The Sun, un album qui se voulait plus imposant que son prédécesseur, sauf qu’il serait probablement l’album de trop de toute la discographie de R.E.M.. Certes il contient de jolies chansons une poésie imparable sur quelques chansons, un engagement politique assez présent puisque l’album est sorti durant la compagne présidentielle américain, où le groupe soutenait publiquement John Kerry contre G.W.Bush; Mais Around The Sun manquait d’intimité et d’engagement musical du groupe par rapport aux autres albums. Si le morceau introducteur Leaving New York est une belle ballade mélancolique comme REM sait produire parfaitement, la suite de l’album est une succession de morceaux dépressives amers, ou de chansons expérimentales incompréhensibles comme la collaboration avec le rappeur Q-Tip sur The Outsiders -qui est pourtant une des meilleurs chansons de l’album-. Un disque flou à l’image de la pochette qui n’a pas découragé les membres du groupe à retenter leur chance pour reprendre leur place au sommet du Rock Alternatif.

Un pari largement gagné avec la sortie d’Accelerate en 2008, un album agressif qui marque un retour au son Rock, une sorte de Monster du 21ème siècle. Un album au tempo rapide comme si Buck, Mills et Stipe criaient qu’ils ne vielleront jamais et que R.E.M. a toujours la force et l’inspiration de nous proposer le meilleur du Rock alternatif, une envie discernée dès « Living Well is the best revenge« , un morceau supersonique et mélodique avec la symbiose magnifique entre la guitare saturée de Buck des grands jours, le son moelleux du clavier de Mills et la voix pénétrante de Stipe. Man-sized Wreath qui s’enchaîne avec  la même allure, s’en suit l’excellent Supernaturel Superserious, premier single de l’album et qui marque l’incroyable retour du groupe au devant de la scène musicale, avec Hollow Man avec son refrain tonique. L’album est orné par quelques titres plus calmes, des ballades country comme Houston et Until the day is done au milieu de morceaux onduleux limite Punk. Une ambiance effervescente qui rend Accelerate un disque de renouveau, où les membres du groupe scandent  » We still can Rock! » à la plus grande joie de leurs fans.

En 43 minutes, R.E.M. chantait son testament aux millions de fans à travers le globe, avec un album aux sonorités résonnantes, une verve intarissable, une production qui ne laisse aucune tâche et un choix de chansons minutieux sans aucun superflux. Collapse into now résume l’éclectisme de la musique de R.EM., entre le Rock solide de All The Best ou Mine Smells Like Honey, la pop esthétique d’Uberlin, les paroles poétiques, et un folk Rock parfait à l’image de Oh my Heart, sublime ballade mariant douceur de la mandoline et son promenant de l’accordéon avec une harmonie élégante en refrain entre les voix de Stipe, et la voix sous estimée de Mike Mills, avec la participation d’Eddie Vedder et de Patti Smith. Le quinzième album du groupe où les membres du groupe apparaissent pour la première fois sur la couverture est un cadeau aux fans, un disque abouti qui termine en beauté une carrière fructueuse et impressionnante de plus de 30 ans, et qui montre que les 3 membres restants n’ont jamais perdu la passion de produire de la bonne musique, et aussi un message subliminal de vivre le présent et ne pas se soucier de futur, un futur qui serait sans R.E.M.

En 32 ans de carrière, R.E.M. a connu la difficulté des débuts, les tournées dans les petits clubs d’Amérique, le succès mondial fracassant, la rupture, la déception et surtout la joie de se produire devant un public enthousiaste et fidèle, car même devant des milliers de  personnes, les concerts du groupe étaient intimistes où les membres partageaient leur passion et sentiments avec le public et produisaient la plupart du temps des prestations meilleures que les versions des albums. R.E.M. avec toute la diversité de sa musique garde une marque reconnaissable sur tous les albums, le groupe  qui mérite son inhumation au Panthéon du Rock a expérimenté le son pop, le Folk, country, la musique électronique, et a même effleuré le Punk tout en les incorporant dans une mélodie propre au groupe minimaliste et attrayante. Le groupe qui a atteint le summum du succès commercial n’a jamais renié ces principes, et est resté fidèle à son esprit primaire valorisant l’art et la liberté d’expression à l’argent, ils ont insisté sur la propriété complète de leur oeuvre au moment de la signature du contrat avec Warner Bros, ils ont toujours produit ce qu’ils voulaient sans se soucier des tendances et des pressions des maisons de disque, au point de refuser une tournée de promotions de ces deux plus grands succès commerciaux Out of Time et Automatic for the People. R.E.M. est un symbole de « l’intégrité intellectuelle » rarissime d’un groupe qui n’a pas peur de prendre des positions et qui les assume, tout en produisant une musique séduisante, raffinée et intelligente qui fait danser le corps, chavirer le coeur et interpeller le cerveau.

Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #1

Après 3 ans d’hésitation et suite à l’insistance de ma très chère amie Zineb – à qui je dédie cet article – j’ai enfin décidé d’exprimer mon idylle pour un monument du Rock alternatif, et de vous faire découvrir de ma propre façon R.E.M. comme c’était le cas avec plusieurs de mes amis qui étaient initiés à la poésie de Stipe et à la musique énigmatique mais mélodieuse du groupe.

Le 21 septembre 2011, le groupe annonce sur son site son arrêt d’activité, alors qu’il venait tout juste de sortir son quinzième album studio, que les critiques analysaient l’album, que les fans s’appatientaient de revoir les membres du groupe sur scène, et alors que je rêvais d’assister à un de leurs concerts après avoir écouter toutes leurs discographies. Difficile de digérer une telle nouvelle, mais après réflexion, le texte de l’annonce était l’ultime expression d’un amour mutuel qui relie le groupe à sa base fidèle de fans, une éloquence de respect envers ses principes et son oeuvre de 31 ans. Car R.E.M. n’est pas seulement un producteur de chansons, mais un véhiculateur d’idées et de principes, un groupe qui se respecte et qui chante pour partager sa passion. Une séparation à l’amiable, sans tracas, sans tragédie, et qui laisse tout le monde triste mais tranquille.

31 ans auparavant, 4 jeunes musiciens originaires d’Athènes, Atlanta, vivaient leur petit rêve, circuler en van et chanter devant un public de plus en plus nombreux. Un groupe d’Indie avec un éthique Punk, qui voulait prouver son talent à chaque personne présente. Un esprit qui va rapidement donner ces fruits à la sortie du premier Single « Radio Free Europe » qui reçoit l’éloge du New York Times, et qui sera l’ouverture d’une carrière qui commencera officiellement avec la sortie  de leur premier album Murmur,un album mystique et attrayant à la fois. Les mélodies simplistes de Peter Buck marient à merveille le chant marmonnant et pénétrant  de Stipe, avec la présence du rythmique de Bill Berry, de la basse persistante de Mills et surtout son harmonie magique en voix avec Stipe qui n’est pas très mise en évidence mais qui constitue une des marques du groupe sur tous ces prochains albums. Tous ces ingrédients ont fait de Murmur un vrai succès critique au point de dépasser Thriller et War au classement des meilleurs albums de The Rolling Stones Magazine. La basse consistante sur Radio Free Europe, le chant mystique sur Pilgrimage, la musique simple et juste de Laughin, la mélodie de Talking about the passion, la tonalité mineur de Perfect Circle, et le refrain dansant de Sitting Still, sont tous de marques qui vous initieront à l’amour de REM.

Un an seulement après, le groupe sort Reckoning, un album chaleureux qui marque une intimité spéciale entre la variété impressionnante des sentiments et humeurs véhiculés sur les 10 chansons le composants. Un album plus raffiné côté production, mais qui ne fait pas perdre la magie de la simplicité mélodique du groupe, du mystérieux chant de Stipe, et la beauté intrigante des paroles qui touchent aussi bien le coeur que le cerveau. Reckoning est un des albums les plus chéris par les fans puristes du groupe, en écoutant « Don’t go back to Rockville » vous allez comprendre cet aspect intimiste du disque, comme si R.E.M. s’invite à tes oreilles pour te faire un concert pour toi seul.

Le folie créatrice de R.E.M. n’a pas ternie après la sortie de ces deux joyaux, elle a produit ensuite, un album qui marque un léger changement, des arpèges acoustiques et accords mineurs simples à une utilisation plus marquantes de l’orchestre, les paroles sont moins énigmatiques mais le chant l’est toujours. Fables of The Reconstruction est un album langoureux, mélancolique très affecté par l’humeur morose des sessions d’enregistrement à Londres, ou les membres du groupe se sentait dépaysés de leur Sud américain. Des suggestions des chansons ? Ecoutez tout l’album mais si vous avez à choisir 3 chansons, ça serai Maps and Legends, le merveilleux Driver 8 et Can’t Get There from Here pour sa ligne de basse.

S’en suit Lifes Rich Pageant, que je recommande vivement à toute personne voulant découvrir la musique du groupe aux années 80. Un chef d’oeuvre qui réunit parfaitement la rage du Rock, l’ambiance dansante de la Pop, chaleureuse du Folk et surtout des paroles engagées qui feront de quelques chansons de l’album des hymnes d’écologisme, notamment « Fall on me » qui peut être considérée comme une des meilleures chansons du groupe avec le tandem magique des voix de Stipe et Mills en refrain, et  la musique élégante. Sans oublier l’énergétique Begin to Begin, Cuyahoga et The Flowers of Guatemala, et surtout cette perle folk de Swan Swan H.

Après le succès commercial et critique du précédent album, R.E.M. sort Document, un disque très Rock avec la présence imposante de la guitare électrique de Buck, avec des riffs plus lourds, et l’énergétique jeu de Bill Berry à la batterie, s’ajoute à ça des paroles à fortes connotations politiques s’indignant de la politique néo-impérialiste de Reagen. The one i Love marque le premier vrai succès commercial du groupe en se plaçant au Top 10 des Singles, mais l’album contient bien plus de belles chansons, comme Finest WorksongWelcome to the Occupation, ou It’s the End of the World as We Know It (And I Feel Fine) qui est indéniablement un des classiques du groupe.

Après le succès de Document, le groupe signe avec Warner Bros pour mieux s’exporter en Europe mais en ne cédant pas à la cupidité, puisque le contrat était très avantageux au groupe qui reste entièrement détenteur de ces chansons. Avec les chansons Pop/Rock dansant et joyeux de Pop Song89 et Get Up, le Rock d’Orange Crush, les racines Folk sur You Are the Everything, The Wrong Child et Hairshirt qui marque le début d’utilisation de la mandoline qui sera un instrument de marque sur les prochains albums, et la présence de titres à fort engagement politique comme Stand et World Leader Pretend qui montre que le groupe reste libre dans ces pensées et a tout le courage d’exprimer ces idées politiques au monde entier. Green était un nouveau départ de R.E.M. vers de nouveaux horizons mais sans perdre l’essence, un esprit Punk exprimé en mélodies Pop/Rock mariés au Folk sudiste.

R.E.M. a attendu 3 ans pour émerger d’une façon explosive sur la scène Pop mondiale et devenir un groupe international avec la sortie de Out of time, un album intemporel qui combine la pureté de l’esprit du groupe à l’ouverture vers l’autre. Du début Funk de Radio Song, à l’énormissime Losing my Religion qui est ma chanson préférée de tout les temps avec son intro de mandoline, ces mélodies simples et efficaces et le message d’amour subliminal qui ajoute du charme à ce chef d’oeuvre. L’album contient d’autres morceaux qui valent le détour, que ça soit le joyeux Shiny Happy People, la balade Folk sublime Half A world Away, Texarkana avec la basse qui charme et le Mike Mills qui nous montre qu’il peut vraiment chanter une chanson à lui seul, et enfin cette balade mélancolique et poétique de Country Feedback, chanson préférée de Michael Stipe.

Retrouvez la suite de l’article le jeudi 

Mais pour le moment, savourez une playlist de quelques morceaux soigneusement sélectionnés des 7 premiers albums du groupe.

Alabama Shakes : l’âme de l’Alabama.

Le sud des Etats-Unis, berceau du Blues et du Jazz, a vu naître plusieurs légendes de la musique. Et durant ces dernières années, une nouvelle génération d’artistes émerge et se fait découvrir au niveau national et international, proposant une nouvelle musique tout en restant fidèle à ses racines.

Parmi ces groupes, Alabama Shakes, originaire de la petite ville d’Athens, nous propose du très bon Roots Rock, un mélange de Folk, Blues et Country avec des influences psychédéliques des 60’s. Depuis sa création en 2009, le groupe a rapidement  connu un succès remarquable localement et mondialement, notamment grâce à son style caractéristique, son attachement à l’âme pure du Sud américain, et surtout à la voix magnifique de sa chanteuse Brittany Howard. Une des meilleures voix qui ont émergé depuis la mort de la regrettée Amy Whinehouse. Quelques critiques la compare même à la légendaire voix de Janis Joplin. En tout cas, la voix imposante de Brittany vous fera vibrer le coeur, impressionnante par sa puissance et  sa beauté, elle vous émerveillera et vous transportera vers l’Etat de l’Alabama pour ressentir l’âme du Blues et de la Soul. Une voix tout simplement phénoménale, si vous ne me croyez toujours pas, voici une chanson pour vous en convaincre.

Brittany Howard est accompagnée  de Zac Cockrell à la basse, avec qui elle jouait dès le lycée, de Heath Fogg à la guitare et Steve Johnson à la batterie. Ces musiciens, bercés sur le son de la musique Soul des années 60, et du Blues Rock typiques aux états du sud des Etats-Unis, produisent un Roots Rock respectant la tradition et le coeur de la musique de la région, mais innovent  aussi et cherche à découvrir de nouveaux sons. Depuis la formation de leur groupe en 2009, les Alabama Shakes ont commencé à jouer dans de petits clubs de la région, en chantant principalement des reprises de Folk. 2 ans après, ils enregistrent leur premier EP éponyme, et l’année suivante ils sortent leur premier album Boys & Girls, un LP qui reçoit des critiques favorables de l’ensemble des médias américains, qui découvrent ce groupe à l’âme pur du Sud. Le succès du premier album était tel, qu’Alabama shakes sont devenus rapidement le groupe le plus important de l’Alabama, et ils les a donné le ticket de jouer à la Maison Blanche devant Barack Obama en 2013, accompagnés de Steve Cropper et Booker T Jones

Il faut dire que ce succès instantané est naturel, puisque la sublime voix de Brittany mariée au bon Rock de ces musiciens donnent une parfaite alchimie. Un mélange attendrissant de Soul, Blues, Folk et Rock pour le plaisir de nos petites oreilles en quête de la bonne musique. Et en écoutant des chansons comme « You ain’t alone« , le rapprochement de la voix de Brittany à celle de Janis Joplin est facile à déceler, même si elle ne la considère pas comme étant une influence pour elle.

Après une tournée de 2 ans, le groupe s’est arrêté durant une année dans leur Alabama natale pour préparer leur prochain album, qui devrait être un digne successeur de Girls & Boys, et qui devrait satisfaire le public grandissant du groupe, surtout que beaucoup de groupe ont impressionné au début, puis ils se sont vite fait oublier. Un pari gagné, puisque Sound & Color qui est sorti cette année, bien qu’il soit différent de son prédécesseur, est un des meilleurs albums de l’année, affirmant le talent du quatore. Un album plus funky et psychédélique sans perdre l’âme originale du groupe. Un disque plus hétérogène, moins brut  avec un son travaillé et une amélioration de la qualité d’enregistrement.

Alabama shakes est la bouffée revigorante qui rafraichit la musique d’aujourd’hui, un groupe avec du caractère qui respecte l’âme de la bonne musique, qui innove et qui nous produit de la musique avec un esprit pur comme on aime partager avec vous.

Voici une playlist qui va vous faire découvrir le groupe, bonne écoute !

Tracker : Le retour de Mark Knopfler

Alors qu’il y a plusieurs fans qui espèrent impatiemment que Mark Knopfler réunisse à nouveau son groupe légendaire Dire Straits, le guitariste anglais semble préférer explorer de nouveaux territoires musicaux et produire de nouveaux albums solos.

Rassurez-vous ! Dans ce dernier album, l’ex leader des Dire Straits, n’a rien perdu de son talent, et surtout de son éclectisme et classe musicale qui lui valurent la reconnaissance des fans et des musiciens.

Avec « Tracker », Mark Knopfler délaisse un peu son jeu aérien de guitare pour se convertir en conteur. 12 histoires courtes convoyées de rythmes bien ficelés.
Knopfler nous invite à un voyage, vers une multitude de lieux et d’histoires : Pendant des ballades Rock et Blues, on peut sentir le tabac et le cotton du Mississipi, le Rhum des côtes Irlandaises sur du Folk Celte et l’ambiance d’un vieux Pub où le Jazz résonne.

Mark Knopfler entame son tout dernier apport, à l’esprit de la musique, avec une jolie ballade celtique qui nous rappelle un peu le style des Pogues avec une touche plus douce en donnant vie à un texte empli de nostalgie et d’amour de la musique celtique et le nomme : « Laughs and Jokes and Drinks and Smokes ».
Ensuite il rend hommage à Basil Bunting (un des poètes modernistes les plus réputés) avec le morceau « Basil », issu de l’union d’un poème  émouvant et des douces mélodies de la guitare.
Quant à « Rivers Town » elle relate l’histoire d’un marin errant qui a perdu ses racines.
Des rivières, le musicien anglais nous transporte au ciel, le tempo change aussi, avec « Skydiver », un joli morceau folk rock rythmé. 

Tracker est un album avec une touche très personnelle; à l’image de « Mighty Man » où Knopfler se rappelle les années où il a vécu en Ecosse avec des ornements celtiques. La nostalgie continue avec « Broken Bones » mais cette fois en changeant de registre, utilisant des sonorités Funk, une chanson qui nous fait sortir de la douceur des ballades du début de l’album mais sans perdre une once d’élégance et de finesse. On enchaîne avec une ballade Dylanesque. « Long Cool Girl » est écrite lors de la tournée qui a réunit les deux poètes/musiciens en 2011, elle illustre l’influence de Bob Dylan sur le style poétique de Knopfler consolidée avec son unique jeu de guitare.
« Lights of Tormina » et « Silvre Eagle » sont des chansons  mélancoliques. On ne s’ennuie pas en les écoutant. Par contre, on ressent une espèce de quiétude grâce à la voix « simple » de Knopfler.

Pour les nostalgiques des Dire Straits, Il leur offre un morceau à la Sultans of Swing. « Beryl » en hommage à l’écrivain Beryl Bainbridge, est une chanson mélodique où Knopfler nous assure que ses doigts peuvent toujours faire des merveilles et qu’il  peut toujours créer des morceaux rythmés qui nous font danser sur le son moelleux de sa Stratocaster. Un plaisir mélodieux qui ne dure que 3 minutes pour laisser place à un chef d’oeuvre. « Wherever I go » est certainement la meilleure chanson pour terminer cet album. La complicité des voix de Ruth Moody et Mark Knopfler donne un charme exceptionnel à cette chanson, et si on y ajoute la dualité des sons du saxophone et de la guitare on a droit à plus de 6 minutes de pur plaisir. 

A l’instar de plusieurs légendes du Rock, Mark Knopfler ne pense plus à vendre des albums en masse car il en a déjà vendu des millions, mais il préfère se redécouvrir, créer de nouveaux sons, avoir une approche plus personnelle et de faire ce qu’il veut sans rien attendre du public. Il faut avouer que le résultat est bon; un disque agréable à l’écoute qui peut être savouré à tout moment, car ce genre de création est intemporel.

Hozier : La nouvelle voix du Blues irlandais

De Like real people do à From Eden en passant par Work song, Hozier berce les amateurs de musique Soul par ses compositions originales.  Ne se faisant vraiment connaitre qu’en Septembre 2013 après la sortie de sa chanson Take me to church qui a obtenu plus de trois millions de vues sur Youtube, Hozier est maintenant l’un des chanteurs irlandais les plus attendus sur la scène autant anglaise qu’américaine.

Pleines de rythmes gospel et folk et de chants de chorales, bercées par une voix à la fois grave et basse et une mélodie mystérieuse, ses œuvres musicales convertissent de plus en plus de passionnés. Fortement influencé par la musique afro-américaine et le Chicago blues, ses chansons sont une ode à l’humanité, à l’amour, et surtout, à la liberté. A travers elles, Hozier exprime sa position contre toute organisation qui condamne toute forme d’amour  qui pour lui représente l’humanité dans toute sa nature.

Avant de signer avec le label musical Colombia Records, le chanteur-compositeur de 24 ans a passé des années en tant qu’artiste indépendant se produisant dans les petits festivals dans son pays natal, l’Irlande, tout en réalisant des covers de chansons connues qu’il hébergeait sur sa chaîne Youtube.

Grâce à sa voix magnétique et à des rythmes originaux, il a su envoûter des milliers de fans qui le considèrent maintenant tout aussi excellent que Lorde ou Adèle. Dans plusieurs interviews, il avoue cependant que cette gloire le rend toujours mal à l’aise, et qu’être acclamé par un public énorme est stressant. Néanmoins, le fait que son talent soit reconnu et que son message passe à travers ses chansons le remplit de joie.

Actuellement en tournée aux Etas Unis d’Amérique, Hozier est passé par le David Letterman Show et l’Ellen Show au mois de Mai. Son album complet sortira vers la fin de l’été 2014.

Voici l’un des lives les plus époustouflants de Hozier :