Archives pour l'étiquette Rock

Playlist : Bluegrass covers

Du Metal sur bonjo, un accordéon qui s’invite dans une chanson de Rock, de la Pop avec un violon, les reprises Bluegrass nous offre un atmosphère atypique mais fort attrayant. 

Si vous connaissez déjà ce type de reprises, cette playlist vous sera un rappel intéressant des meilleures versions Bluegrass de classiques du Metal/Rock/Pop; et si vous venez de découvrir ce genre alors bienvenus dans un univers parallèle où les plus gros riffs se jouent sur un bonjo avec des artistes avec une créativité ingénieuse.

Curieusement, les champions du genre ne sont pas des américains du Tenessee mais les finlandais Steve`n`Seagulls qui ont connu un grand succès sur internet, bien mérité car ils se réapproprient les plus grand classiques du Rock et les rendent de vrais chansons Bluegrass. Mais les Etats-Unis, berceau du Bluegrass sont bien présents avec plusieurs groupes, et surtout le faramineux Rob Scallon qui a juste besoin d’un instrument à cordes pour faire jouer tout ce qu’il veut (et qui mérite un article ici).

Alors dansons sur les chansons qui nous faisaient headbanguer, ça aurait été le cas si le Metal était né dans une ferme américaine. 


 

La reformation de Guns’n’Roses, c’est fait!

Non, ce n’est pas un poisson d’Avril, Axl Rose a vraiment partagé la scène avec Slash, pour le premier concert de la formation classique des Guns’N’Roses (sans le batteur originel Steven Adler). Une première depuis 23 ans !

Le groupe a choisi un endroit exceptionnel pour cet événement inédit. Il s’agit du Troubadour, un club de Hollywood où le groupe a fait ses premiers pas vers la célébrité et ces plus de 100 millions albums vendus. Ce qui est encore plus exceptionnel, est le prix vintage du billet, $10 pour assister au concert très intimiste du groupe avec 400 autres personnes seulement. Alors que des millions de fans sont toujours à leur soif pour voir le résultat de cette réformation du groupe le plus dangereux au monde.

Sauf que ces billets ont été distribué principalement à des stars qui ont eu le privilège d’assister à ce concert surprise. Des noms comme Jim Carrey et Lenny Kravitz ont été présent pour ce concert « historique ».

Pour les plus normales d’entre nous, ils pourront assister aux concerts du groupe lors de leur tournée mondiale qui commence par l’Amérique du Nord où plusieurs dates ont été confirmé. Une tournée où la nouvelle génération verra enfin Axl, Slash et McKagan partager la scène pour nous produire des prestations de folies -du moins, on l’espère-.

Vous ne nous croyez toujours pas ? Voici la preuve !

Sister Rosetta Tharpe, la femme qui inventa le Rock’n’Roll

Bien avant Elvis Presley, Chuck Berry, Little Richard et d’autres figurent pionnières du Rock’n’Roll, une femme d’église posait les bases de ce genre musical qui a marqué la deuxième moitié du XXème siècle. Une virtuose de la guitare, une révolutionnaire d’esprit, et une légende de la musique cruellement oubliée après sa mort, en 1973.

Née en 1915 au bord du Mississipi à Cotton Plant, elle a grandi dans une famille qui respirait la musique, elle a hérité le talent du chant de son père. De sa mère, Rosetta s’est imprégnée non seulement du don pour la guitare -sa mère était membre d’une église évangéliste et jouait souvent à la mandoline pour inciter les gens à venir en église- mais aussi de sa forte personnalité et son charisme avec qui elle immigre à Chicago  à l’âge de 6 ans, où elle découvre le Blues et le Jazz en plus du Gospel.

Dès ce très jeune âge, Rosetta a commencé à impressionner par sa dextérité en guitare et piano, mais aussi par son penchant pour le spectacle sur scène qui dépassait les standards de l’époque. Avec sa mère, elle sillonera les églises Américaines et deviendra progressivement une figure du Gospel.

A l’âge de 23 ans, Sister Rosetta quitte l’église et voyage à New York où elle introduit la musique Gospel au clubs new-yorkais. Au fil des années, elle devint une figure incontestable de la musique afro-américaine dans une Amérique fortement ségrégationniste. Elle jouait souvent devant un public blanc constitué principalement d’hommes. Elle reçoit aussi les critiques de l’Eglise choquée par le nouveau tournant dans sa vie de star, mais Sister Rosetta Tharpe était une rebelle, une anti-conformiste, iconoclaste avant l’heure, et faisait ce qu’elle voulait tout simplement, chanter pour Dieu et savourer les joies de la vie dans les clubs.

Elle deviendra la figure incontournable du Gospel aux Etats-Unis, et s’imposera comme une star de la radio et de la télévision à partir des années 40.
Par son énergie intarissable et son sens du spectacle, Sister Rosetta est devenue l’idole d’une Amérique qui se métamorphose, et a ouvert le sentier du succès à des dizaines d’artistes américains noirs qui souffraient de racisme primaire par les maisons de disques.
Durant ses tournées, elle animait des concerts dans des églises comme dans des clubs. Elle réussissait à allier le séculaire au spirituel et à unir un peuple séparé.
Ses disques ont parcouru le monde avec les soldats américains qui participaient à la 2ème guerre mondiale. Elle était tellement idolâtrée que son mariage a été organisé dans un stade et a assemblé plus de 25 milles personnes qui ont payé leurs tickets.

Cette précédente vidéo résume à elle seule le génie et l’esprit avant-gardiste de celle qui a posé les premières pierres d’un édifice musical intemporel. Son talent à la guitare dépassait les normes, ses solos révolutionnaires lançaient les prémices du Rock’n’Roll de Chuck Berry et nous font penser même aux chevauchés guitaristiques d’Angus Young. Le vrai maître de la Gibson SG n’est ni Chuck Berry ni Angus, ni Tomi Iommi, ni même Eric Clapton, il est une femme ! Héroïque, qui s’appelle Rosetta et qui marquera la musique à jamais avec sa personnalité, son esprit visionnaire et son jeu de guitare rapide et aggressif des années avant le Hard Rock.

Elle propagera la musique américaine outre-atlantique durant les années 60, et fera connaître son jeu excentrique à des guitaristes de légende. Mais ses moments de gloire toucheront à leur fin dès 1970, après des complications au niveau de la santé qui la pousseront à tirer un trait sur sa carrière, et qui seront la cause de sa mort 3 ans après. Une mort qui laissera la musique américaine noire orpheline de celle qui a poussé les standards très hauts, qui a refusé à se contenter des limites, et qui s’est imposée non seulement comme une artiste de légende, mais une héroine, un exemple du courage, de l’ambition et de l’esprit rebelle.

Sister Rosetta était cette femme qui a réunit le séculaire et le spirituel, celle qui a brandit le slogan de la liberté dans un pays raciste et misogyne. Une femme qui parlait de sa bisexualité ouvertement durant les années 50, une artiste qui tournait seule les états de l’Amérique au côté d’hommes pour donner la joie à des millions de fans, une rebelle qui voulait  vivre sa vie à sa propre manière, une étoile née aux champs de coton de l’Arkansas pour se placer au sommet du Panthéon de la musique.

Une programmation exceptionnelle sur la scène Bouregrag de Mawazine

Pour la 15ème édition du Festival Mawazine Rythmes du Monde, l’Association Maroc Cultures propose une programmation exceptionnelle sur la scène Bouregrag, avec des têtes d’affiches de grand calibre.

Un menu à la fois éclectique et grandiose avec la participation d’un des meilleurs bassistes du monde Marcus Miller, la formation multiculturelle L’Orchestre National de Barbès,  le pianiste cubain Omar Sosa, le virtuose de la guitare nigérien Bombino, le duo éclectique espagnol Fuel Fandango, le roi du Blufunk Keziah Jones et le batteur percussionniste maroco-sénégalais Mokhtar Samba pour finir en beauté.

Le samedi 21 mai, l’émérite bassiste américain Marcus Miller se produira pour la première fois à Rabat, après un passage très mémorable au festival d’Essaouira. Marcus un musicien multi instrumentiste hors-pair et un compositeur-producteur au summum de son art. Avec plusieurs collaborations avec des légendes de la musique à l’instar de Herbie Hancock, Eric Clapton, Georges Benson, et Miles Davis. Son concert sera très attendu par les Jazzmans et les amateurs de l’instrument à 4 cordes en général.

Le lendemain, dimanche 22 mai, le mythique L’Orchestre National de Barbès enflâmera la scène avec son brassage musical impressionnant entre sons maghrébins et musiques du monde : Reggae, Rock, Blues. Cet orchestre composé d’artistes de 11 pas différents donne un spectacle énergétique et irrésistiblement festif  de battements de bendirs et riffs de guitares.

le concert du  lundi 23 mai, sera en hommage au grand  maâlem gnaoua Feu Mahmoud Guinea, ce concert sera orchestré par le très célèbre pianiste cubain Omar Sosa qui orchestrera une création inédite avec la participation de plusieurs autres musiciens. Cette création originale intitulée Omar Sosa & Friends – Tribute to Mahmoud Guinea, verra la participation de Omar Sosa (piano), Aly Keita (balafon), Mehdi Nassouli (guembri, ghayta et chant), Foulane Bouhssine (ribab, violon et chant), Childo Tomas (basse, guitare et mbira) et Sega Seck (batterie), ainsi que la participation exceptionnelle de l’artiste musicien Majid Bekkas. Tous des artistes qui ont déjà partagé la scène avec cette légende de la musique Gnaoua et qui ont été influencé par l’art majestueux de cet artiste.

Le mardi 24 mai, la scène africaine de Bouregrag recevra celui qu’on appelle le Jimi Hendrix de l’Afrique, l’artiste Touareg Omar Moctar, dit Bombino, prendra les festivaliers dans un voyage onirique au coeur du Grand Sahara, là où il a apprit à jouer ces premiers accords sur guitare avant d’être contraint à l’exil. Après un parcours plein d’obstacles, la carrière de Bombino a connu une ascension fulgurante après la sortie de ces 2 albums Agadez et Nomad, qui lui valent une première place au Billboard World Music avec Nomad, et qui lui permètent d’exprimer son génie sur les scènes du monde entier où la notoriété musicale de cet artiste gagne du terrain. Le concert sera aussi une occasion pour le public marocain de découvrir en Live son dernier album Azel qui sortira en Avril.

La scène de Bouregrag est toujours connue par son éclectisme et ses métissages, un aspect fort présent lors de la prochaine édition qui accueillera le duo espagnol Fuel Fandango. Cette formation espagnole est née aux débuts de l’année 2009 de l’union entre le producteur Alejandro Acosta et la chanteuse Cristina Manjón Nita. Fuel Fandango offre un mélange rafraichissant d’éléments modernes et de touches vintage : pop, funky beats, électro, rock, techno, avec, comme touche exotique, des saveurs flamencos. Un concert qui fera le bonheur des amateurs de danses et des sonorités latinos. 

Le lendemain Jeudi 26 mai, le Festival Mawazine rendra hommage au légendaire Fela Kuti, avec le grand Keziah Jones accompagné de The Afrobeat Experience. Le créateur du du style blufunk animera la soirée avec des sons afrobeat intenses, et son mélange novateur de musiques traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et le Funk groovy. Une ambiance dansante et cosmopolite attend les festivaliers qui seront nombreux à assister au concert.

Rabat sera une station importante de la tournée d’adieu du valeureux guitariste Ernest Ranglin, qui se produira le  vendredi 27 mai sur la scène BouregragAprès une impressionnante carrière de 60 ans, vétéran innovateur Ranglin égayera les sens du public Rbati avec son Jazz affûte et raffiné, et il sera accompagné par une sélection d’artistes de musique contemporaine et Jazz à l’image du grand batteur nigérien Tony Allen, le jazzman et saxophoniste anglais Courtney Pine, le contrebassiste américano-suédois Ira Coleman, le formidable pianiste jazz britannique Alex Wilson ainsi que le chanteur-auteur compositeur sénégalais Cheikh Lô.

Le concert de clôture du samedi 28 mai, s’offrira les sonorités maroco-sénégalaise de batteur percussionniste Mokhtar Samba. Figure incontournable de la scène musicale métissée, le batteur qui accompagné des figures légendaires du monde entier, de Manu Dibango à Carlos Santana, en passant par Joe Zawinul, Youssou N’Dour et Eddy Louis. Il nous offrira un concert riche avec une musique mondiale, sans frontières, incarnant l’aspect universel du Festival qui se positionne comme un des meilleurs du monde.

Programme complet de la scène Bouregreg : 

Rokia Traoré se produira sur la scène Bouregreg le vendredi 20 mai 2016.

Marcus Miller se produira sur la scène Bouregreg le samedi 21 mai 2016.

Orchestre National de Barbès se produira sur la scène Bouregreg le dimanche 22 mai 2016.

Omar Sosa & Friends – Hommage à Mahmoud Guinea se produira sur la scène Bouregreg le lundi 23 mai 2016.

Bombino se produira sur la scène Bouregreg le mardi 24 mai 2016.

Fuel Fandango se produira sur la scène Bouregreg le mercredi 25 mai 2016.

The Afrobeat Experience, avec Keziah Jones – Hommage à Fela Kuti se produira sur la scène Bouregreg le jeudi 26 mai 2016.

Ernest Ranglin & Friends se produira sur la scène Bouregreg le vendredi 27 mai 2016.

Mokhtar Samba se produira sur la scène Bouregreg le samedi 28 mai 2016.

AC/DC numéro 1 des ventes de tickets en 2015

Les vétérans du Hard Rock, AC/DC, ont vendu plus de tickets de concerts que tout autre artiste au monde durant l’année écoulée, tous genres confondus; c’est ce qu’a révélé le site Pollstar.

Pour son « Rock or Bust Tour« ,  le groupe a vendu 2.31 millions de tickets, soit 40 milles de plus que Taylor Swift qui domine le classement des profits avec un record de 250.4 millions de dollars -alors qu’AC/DC a empoché 180 millions, le plaçant à la deuxième place de ce classement-.

D’autres groupes du rock figurent dans les premiers rangs de ce classement; notamment U2, à la 4ème place -juste derrière One Direction– avec une somme de 152.2 millions de dollars, Foo Fighters qui le suit avec $125.1 M ou les Rolling Stones qui se sont placés à la dixième place en gagnant $109.7 M de la vente de leurs tickets durant 2015.

A rappeler qu’AC/DC continue sa tournée aux Etats-Unis de Février à Avril, où il pourrait réaliser des records d’affluence, bien que le groupe est passé par des moments pénibles avant la sortie de son album et il a dû remplacer Malcom Young et Phill Rudd. Mais le groupe réalise toujours des prestations électriques sublimes, presque 40 ans après le début de sa carrière.

Le guide détaillé vers l’oeuvre de R.E.M. #2

Peter Buck, guitariste du groupe, avait affirmé qu’il y avait un avant et après Losing My Religion dans l’histoire du groupe. Sur cet article, vous allez découvrir la suite du périple de ce monument de Rock Alternatif.

Le groupe a préféré enregistrer un album que de faire une tournée promotionnelle à Out of Time, est le résultat était le disque qui fera de R.E.M. un monument de la musique. Automatic for the people est un bijou irrésistible qui vous plongera dans une mélancolie jouissif qui s’introduit dès l’intro de guitare en Ré mineur de Drive, avec ce changement impressionnant de rythme avec l’introduction de la guitare électrique et de l’orchestre au milieu de la chanson, la douce ballade country Try not to breath, une petite pause rythmée The Sidewinder Sleeps Tonitela sombre mais magnifique Everybody Hurts, le lugubre Star Me kitten, Man in The Moon avec ses paroles satiriques, et ces 2 ballades magiques qui clôturent en beauté ce disque composé par tous les membres  du groupe, qui a connu la participation de John Paul Jones et qui a été acclamé par le public mais aussi par les artistes de renoms à ne citer que Bono ou Kurt Cobain qui est tombé sous le charme du son acoustique de l’album qui serait malheureusement le dernier disque qu’il a écouté avant de mettre fin à sa vie. 

Et puisque jamais deux sans trois, le succès planétaire de R.E.M. continue mais cette fois avec un album plus vif et rauque. Monster est l’Album Rock du groupe avec la guitare saturée de Peter Buck et la batterie dynamique de Bill Berry, mais sans s’éloigner de la force mélodique qui a marqué les albums précédents du groupe. Dès les premières secondes de What’s the Frequency, Kenneth? on aperçoit la différence palbable du disque avec son prédécesseur, suivi par Crush with the eyliner, un morceau attrayant où le groupe c’est amusé à ajouter l’effet Reverber même à la voix de Stipe, le funky King of the Comedy. Vous pouvez aussi savourer l’entraînant Bang and Blame et le formidable hommage à Kurt Cobain Let me in. Monster pourrait être considéré comme un album de retour au racines garage Rock du groupe tout en se s’aventurant vers le futur.

Cette aventure continuera avec leur 10ème album qui sortira en 1996. New adventures in Hi-Fi est un album versatile synthétisant le travail du groupe durant les 3 albums précédents, s’imprégnant de la douceur de Out of Time, la sensibilité d’Automatic for the people et le son Rock de Monster. Un album enregistré  durant la tournée s’inspirant de la méthode de Radiohead d’enregistrement de The Bends, ce qui donne un aspect de Live Album, avec toutes les imperfections et le charme qui en résulte. L’album a vu la participation de Patti Smith qui a chanté le refrain sur E-Bow the letter, premier single de l’album, l’harmonie entre les voix de Stipe et Smith est tout simplement hallucinante. L’album contient aussi quelques bijoux, à ne citer que la trippante New Test Leper, l’énergétique So Fast, so Numb et la sublime Electrolite qui clore l’album d’une façon magistrale.

En octobre 97, le quatuor devint un trio après que Bill Berry quitte à l’amiable le groupe. Les membres restant ont choisi de continuer le chemin tout en s’ouvrant aux sons électroniques sur l’album Up, une décision mal appréciée par les fans de longues dates, et qui pourrait être comparable à la réaction des Fans de Metallica après la sortie de Load. Mais l’album ne marque pas quand même un changement drastique, puisque en plus de l’incorporation d’effets électroniques et l’utilisation de la boîte rythmes, le groupe continua à sortir des chansons énergétiques attrayants et des ballades affectueuses à l’image de Daysleeper ou At My most Beautiful qui constitueront par la suite des moments phares des concerts du groupe. Up est un album de rêverie doux qui nous porte avec les paroles poétiques de Stipe vers un 21ème siècle mystérieux mais prometteur, comme l’aurait chanter sur Walk Unfraid.

3 ans après la sortie de Up, R.E.M. fait son grand retour aux racines avec Reveal, un album qui a reçu plusieurs critiques négatives, sauf qu’il est du genre qui se bonifie avec le temps et les écoutes. Après quelques années Reveal est devenu un album très appréciable pour les fans, sauf que quelques chansons manquaient énormément d’inspiration. Cet album aurait pu être un parfait EP si le groupe avait décidé d’inclure que l’immersif I’ve been High, All the way To Reno le sublime hymne de l’espoir,  qui serait la chanson préférée du groupe de Peter Buck, la formidable She just wants to be,ma chanson préféré de l’album surtout dans sa version live; Disappear où Michael Stipe cite Agadir et Taroudant, 2 villes qu’il affectionne et qu’il a déjà visité. L’EP pouvait être clôturé par Imitation of Life, formidable chanson qui nous rappelle le début du succès commercial du groupe.

Le groupe désormais trio poursuit sa croisière avec Around The Sun, un album qui se voulait plus imposant que son prédécesseur, sauf qu’il serait probablement l’album de trop de toute la discographie de R.E.M.. Certes il contient de jolies chansons une poésie imparable sur quelques chansons, un engagement politique assez présent puisque l’album est sorti durant la compagne présidentielle américain, où le groupe soutenait publiquement John Kerry contre G.W.Bush; Mais Around The Sun manquait d’intimité et d’engagement musical du groupe par rapport aux autres albums. Si le morceau introducteur Leaving New York est une belle ballade mélancolique comme REM sait produire parfaitement, la suite de l’album est une succession de morceaux dépressives amers, ou de chansons expérimentales incompréhensibles comme la collaboration avec le rappeur Q-Tip sur The Outsiders -qui est pourtant une des meilleurs chansons de l’album-. Un disque flou à l’image de la pochette qui n’a pas découragé les membres du groupe à retenter leur chance pour reprendre leur place au sommet du Rock Alternatif.

Un pari largement gagné avec la sortie d’Accelerate en 2008, un album agressif qui marque un retour au son Rock, une sorte de Monster du 21ème siècle. Un album au tempo rapide comme si Buck, Mills et Stipe criaient qu’ils ne vielleront jamais et que R.E.M. a toujours la force et l’inspiration de nous proposer le meilleur du Rock alternatif, une envie discernée dès « Living Well is the best revenge« , un morceau supersonique et mélodique avec la symbiose magnifique entre la guitare saturée de Buck des grands jours, le son moelleux du clavier de Mills et la voix pénétrante de Stipe. Man-sized Wreath qui s’enchaîne avec  la même allure, s’en suit l’excellent Supernaturel Superserious, premier single de l’album et qui marque l’incroyable retour du groupe au devant de la scène musicale, avec Hollow Man avec son refrain tonique. L’album est orné par quelques titres plus calmes, des ballades country comme Houston et Until the day is done au milieu de morceaux onduleux limite Punk. Une ambiance effervescente qui rend Accelerate un disque de renouveau, où les membres du groupe scandent  » We still can Rock! » à la plus grande joie de leurs fans.

En 43 minutes, R.E.M. chantait son testament aux millions de fans à travers le globe, avec un album aux sonorités résonnantes, une verve intarissable, une production qui ne laisse aucune tâche et un choix de chansons minutieux sans aucun superflux. Collapse into now résume l’éclectisme de la musique de R.EM., entre le Rock solide de All The Best ou Mine Smells Like Honey, la pop esthétique d’Uberlin, les paroles poétiques, et un folk Rock parfait à l’image de Oh my Heart, sublime ballade mariant douceur de la mandoline et son promenant de l’accordéon avec une harmonie élégante en refrain entre les voix de Stipe, et la voix sous estimée de Mike Mills, avec la participation d’Eddie Vedder et de Patti Smith. Le quinzième album du groupe où les membres du groupe apparaissent pour la première fois sur la couverture est un cadeau aux fans, un disque abouti qui termine en beauté une carrière fructueuse et impressionnante de plus de 30 ans, et qui montre que les 3 membres restants n’ont jamais perdu la passion de produire de la bonne musique, et aussi un message subliminal de vivre le présent et ne pas se soucier de futur, un futur qui serait sans R.E.M.

En 32 ans de carrière, R.E.M. a connu la difficulté des débuts, les tournées dans les petits clubs d’Amérique, le succès mondial fracassant, la rupture, la déception et surtout la joie de se produire devant un public enthousiaste et fidèle, car même devant des milliers de  personnes, les concerts du groupe étaient intimistes où les membres partageaient leur passion et sentiments avec le public et produisaient la plupart du temps des prestations meilleures que les versions des albums. R.E.M. avec toute la diversité de sa musique garde une marque reconnaissable sur tous les albums, le groupe  qui mérite son inhumation au Panthéon du Rock a expérimenté le son pop, le Folk, country, la musique électronique, et a même effleuré le Punk tout en les incorporant dans une mélodie propre au groupe minimaliste et attrayante. Le groupe qui a atteint le summum du succès commercial n’a jamais renié ces principes, et est resté fidèle à son esprit primaire valorisant l’art et la liberté d’expression à l’argent, ils ont insisté sur la propriété complète de leur oeuvre au moment de la signature du contrat avec Warner Bros, ils ont toujours produit ce qu’ils voulaient sans se soucier des tendances et des pressions des maisons de disque, au point de refuser une tournée de promotions de ces deux plus grands succès commerciaux Out of Time et Automatic for the People. R.E.M. est un symbole de « l’intégrité intellectuelle » rarissime d’un groupe qui n’a pas peur de prendre des positions et qui les assume, tout en produisant une musique séduisante, raffinée et intelligente qui fait danser le corps, chavirer le coeur et interpeller le cerveau.