Archives pour l'étiquette Rock

Road-trip playlists #1

Après 3 mois de confinement, on peut enfin retrouver une certaine liberté qui nous a tant manquée. Et quoi de mieux qu’un road-trip pour nous redonner les sensations de voyages et de rêves tout en respectant la distanciation sociale.

Pour vous accompagner dans vos prochains voyages, on vous a préparé une série de playlists qui rythmera vos trajets. Et en guise de début, une playlist avec des sons forts et des riffs lourds qui vous donnera un shot d’adrénaline dont vous aurez besoin pour confronter les longues routes, après des mois chez vous.

Du Queens of The Stone Age, à Gravayard, les guitares résonneront dans votre voiture (van), les rythmes s’accéléreront et la passion de la musique vous envoyera à de nouveaux horizons.

Bonne écoute !

Escapades musicales #1 : 70’s Anatolian Rock

Pour nos escapades musicales, nous vous proposons de sortir des sentiers « classiques » et de découvrir les productions musicales de tout part du monde. Nous nous éloignerons des grandes productions et des tubes internationales pour nous livrer à des voyages qui vous ferons revivre des époques musicales et vous faire voyager dans des contrées éloignées.

Pour cette première édition, nous mettons le cap vers la Turquie des années 70. Un pays en pleine ébullition sociale, culturelle et politique. Les jeunes de l’époque ont trouvé refuge dans un mélange de Rock venu de l’occident et des rythmes anatoliens , entre la groove de la basse et la sensibilité du saz. Le Rock turque était en général une musique engagé qui exprime les revendications des jeunes à travers des figures, qui sont maintenant légendaires, tels que Barış Manço, Cem Karaca et Selda Bağcan Le style musical produit à partir des années 60 était d’abord influencé par le Garage Rock et Twist, mais les artistes turques ont petit à petit créé différents styles qu’on peut regroupé dans le genre générique d’Anatolian Rock – Le Rock de l’Anatolie- bien que les productions des années 70 et 80 sont très diversifiées et vont du Folk, Rock Psychédélique ou même du Rock progressif.

Le Rock Anatolien a été poussé à l’oublie à partir de la fin des années 80, mais dernièrement, des initiatives ont fait revivre cette musique et la faire découvrir au plus jeunes. J’ai été personnellement introduit à ce genre à travers le formidable groupe turco-néérlandais Altın Gün, qui depuis 2017 reprend des classiques de cette époque et les fait jouer de façon plus moderne à un public de plus en plus grand. Une formule qui marche, puisque le groupe est parmi les groupes émergents de la scène mondiale de ces 2 dernières années en jouant des concerts à guichets fermés partout dans le monde -d’ailleurs, c’est la seule exception de la playlist-. Ainsi que la chaîne Youtube Anatolian Rock Revival Project qui déniche des pépites du Rock Anatolien et la partage en y ajoutant un côté visuel artistique qui donne à nouveau souffle à cette musique tellement chaleureuse et créative.

Je vous laisse découvrir par vous même la richesse du Rock Anatolien à travers une playlist de 15 chansons où j’ai essayé de synthétiser au mieux les différents courants musicaux de l’époque et de partager avec vous des pépites qui s’ajouteront sûrement à vous playlists qui manquent probablement de fraîcheurs.

Bonne écoute !

Playlist : La révolution psychédélique Australienne

L’Australie, ce pays/continent qui nous a offert AC/DC, Bee Gees, Jet, Wolfmother et bien d’autres, devient depuis quelques années une référence du Rock psychédélique avec l’émergence d’une génération remarquablement talentueuse.

Le grand public a découvert ce phénomène à travers Tame Impala qui, grâce à ses trois albums (dont Lonerism, un des chefs d’oeuvre de ce millénaire), a pu amorcer une dynamique médiatique et pousser les spécialistes et producteurs à s’intéresser à cette génération qui allient base classique du Rock psychédélique avec un son rythme hypnotique et une dominance instrumentale avec une créativité qui fait que chaque groupe est unique.

Sur cette playlist, je vous ai concocté 13 chansons qui vous permettront de mieux connaître ces artistes/groupes. De Pond originaire de l’Australie occidentale (tout comme Tame Impala), à King Gizzard and The Lizard Wizard (un nom aussi excentrique que le groupe qui le porte ; assurément LE meilleur groupe de cette génération), la playlist vous guidera dans un périple hypontique, avec des changements d’atmosphères qui reflétent la diversité de l’Australie. Des riffs lourds au chant sulfureux, cette playlist vous obnubilera !

Bonne écoute !

Playlist : Bluegrass covers

Du Metal sur bonjo, un accordéon qui s’invite dans une chanson de Rock, de la Pop avec un violon, les reprises Bluegrass nous offre un atmosphère atypique mais fort attrayant. 

Si vous connaissez déjà ce type de reprises, cette playlist vous sera un rappel intéressant des meilleures versions Bluegrass de classiques du Metal/Rock/Pop; et si vous venez de découvrir ce genre alors bienvenus dans un univers parallèle où les plus gros riffs se jouent sur un bonjo avec des artistes avec une créativité ingénieuse.

Curieusement, les champions du genre ne sont pas des américains du Tenessee mais les finlandais Steve`n`Seagulls qui ont connu un grand succès sur internet, bien mérité car ils se réapproprient les plus grand classiques du Rock et les rendent de vrais chansons Bluegrass. Mais les Etats-Unis, berceau du Bluegrass sont bien présents avec plusieurs groupes, et surtout le faramineux Rob Scallon qui a juste besoin d’un instrument à cordes pour faire jouer tout ce qu’il veut (et qui mérite un article ici).

Alors dansons sur les chansons qui nous faisaient headbanguer, ça aurait été le cas si le Metal était né dans une ferme américaine. 


 

La reformation de Guns’n’Roses, c’est fait!

Non, ce n’est pas un poisson d’Avril, Axl Rose a vraiment partagé la scène avec Slash, pour le premier concert de la formation classique des Guns’N’Roses (sans le batteur originel Steven Adler). Une première depuis 23 ans !

Le groupe a choisi un endroit exceptionnel pour cet événement inédit. Il s’agit du Troubadour, un club de Hollywood où le groupe a fait ses premiers pas vers la célébrité et ces plus de 100 millions albums vendus. Ce qui est encore plus exceptionnel, est le prix vintage du billet, $10 pour assister au concert très intimiste du groupe avec 400 autres personnes seulement. Alors que des millions de fans sont toujours à leur soif pour voir le résultat de cette réformation du groupe le plus dangereux au monde.

Sauf que ces billets ont été distribué principalement à des stars qui ont eu le privilège d’assister à ce concert surprise. Des noms comme Jim Carrey et Lenny Kravitz ont été présent pour ce concert « historique ».

Pour les plus normales d’entre nous, ils pourront assister aux concerts du groupe lors de leur tournée mondiale qui commence par l’Amérique du Nord où plusieurs dates ont été confirmé. Une tournée où la nouvelle génération verra enfin Axl, Slash et McKagan partager la scène pour nous produire des prestations de folies -du moins, on l’espère-.

Vous ne nous croyez toujours pas ? Voici la preuve !

Sister Rosetta Tharpe, la femme qui inventa le Rock’n’Roll

Bien avant Elvis Presley, Chuck Berry, Little Richard et d’autres figurent pionnières du Rock’n’Roll, une femme d’église posait les bases de ce genre musical qui a marqué la deuxième moitié du XXème siècle. Une virtuose de la guitare, une révolutionnaire d’esprit, et une légende de la musique cruellement oubliée après sa mort, en 1973.

Née en 1915 au bord du Mississipi à Cotton Plant, elle a grandi dans une famille qui respirait la musique, elle a hérité le talent du chant de son père. De sa mère, Rosetta s’est imprégnée non seulement du don pour la guitare -sa mère était membre d’une église évangéliste et jouait souvent à la mandoline pour inciter les gens à venir en église- mais aussi de sa forte personnalité et son charisme avec qui elle immigre à Chicago  à l’âge de 6 ans, où elle découvre le Blues et le Jazz en plus du Gospel.

Dès ce très jeune âge, Rosetta a commencé à impressionner par sa dextérité en guitare et piano, mais aussi par son penchant pour le spectacle sur scène qui dépassait les standards de l’époque. Avec sa mère, elle sillonera les églises Américaines et deviendra progressivement une figure du Gospel.

A l’âge de 23 ans, Sister Rosetta quitte l’église et voyage à New York où elle introduit la musique Gospel au clubs new-yorkais. Au fil des années, elle devint une figure incontestable de la musique afro-américaine dans une Amérique fortement ségrégationniste. Elle jouait souvent devant un public blanc constitué principalement d’hommes. Elle reçoit aussi les critiques de l’Eglise choquée par le nouveau tournant dans sa vie de star, mais Sister Rosetta Tharpe était une rebelle, une anti-conformiste, iconoclaste avant l’heure, et faisait ce qu’elle voulait tout simplement, chanter pour Dieu et savourer les joies de la vie dans les clubs.

Elle deviendra la figure incontournable du Gospel aux Etats-Unis, et s’imposera comme une star de la radio et de la télévision à partir des années 40.
Par son énergie intarissable et son sens du spectacle, Sister Rosetta est devenue l’idole d’une Amérique qui se métamorphose, et a ouvert le sentier du succès à des dizaines d’artistes américains noirs qui souffraient de racisme primaire par les maisons de disques.
Durant ses tournées, elle animait des concerts dans des églises comme dans des clubs. Elle réussissait à allier le séculaire au spirituel et à unir un peuple séparé.
Ses disques ont parcouru le monde avec les soldats américains qui participaient à la 2ème guerre mondiale. Elle était tellement idolâtrée que son mariage a été organisé dans un stade et a assemblé plus de 25 milles personnes qui ont payé leurs tickets.

Cette précédente vidéo résume à elle seule le génie et l’esprit avant-gardiste de celle qui a posé les premières pierres d’un édifice musical intemporel. Son talent à la guitare dépassait les normes, ses solos révolutionnaires lançaient les prémices du Rock’n’Roll de Chuck Berry et nous font penser même aux chevauchés guitaristiques d’Angus Young. Le vrai maître de la Gibson SG n’est ni Chuck Berry ni Angus, ni Tomi Iommi, ni même Eric Clapton, il est une femme ! Héroïque, qui s’appelle Rosetta et qui marquera la musique à jamais avec sa personnalité, son esprit visionnaire et son jeu de guitare rapide et aggressif des années avant le Hard Rock.

Elle propagera la musique américaine outre-atlantique durant les années 60, et fera connaître son jeu excentrique à des guitaristes de légende. Mais ses moments de gloire toucheront à leur fin dès 1970, après des complications au niveau de la santé qui la pousseront à tirer un trait sur sa carrière, et qui seront la cause de sa mort 3 ans après. Une mort qui laissera la musique américaine noire orpheline de celle qui a poussé les standards très hauts, qui a refusé à se contenter des limites, et qui s’est imposée non seulement comme une artiste de légende, mais une héroine, un exemple du courage, de l’ambition et de l’esprit rebelle.

Sister Rosetta était cette femme qui a réunit le séculaire et le spirituel, celle qui a brandit le slogan de la liberté dans un pays raciste et misogyne. Une femme qui parlait de sa bisexualité ouvertement durant les années 50, une artiste qui tournait seule les états de l’Amérique au côté d’hommes pour donner la joie à des millions de fans, une rebelle qui voulait  vivre sa vie à sa propre manière, une étoile née aux champs de coton de l’Arkansas pour se placer au sommet du Panthéon de la musique.